Opération militaire en Syrie : "Cette première vague de frappes est terminée", annonce le Pentagone

"La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie", a annoncé Emmanuel Macron dans la nuit. 

Emmanuel Macron et Donald Trump, à New York, en marge d\'un sommet de l\'ONU, lundi 18 septembre 2017. 
Emmanuel Macron et Donald Trump, à New York, en marge d'un sommet de l'ONU, lundi 18 septembre 2017.  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

"La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie." Une semaine après les accusations d'attaque à l'arme chimique à Douma, dans la région de la Ghouta orientale, près de la capitale Damas, Emmanuel Macron a annoncé que la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient formé une coalition internationale pour frapper la Syrie, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril. 

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"Les faits et la responsabilité du régime syrien [sur l'utilisation d'armes chimiques] ne font aucun doute, justifie le président de la République. J'ai donc ordonné aux forces armées françaises d'intervenir cette nuit, dans le cadre d'une opération internationale menée en coalition avec les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni et dirigée contre l'arsenal chimique clandestin du régime syrien."

Des "cibles multiples"

"Notre réponse a été circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques", ajoute Emmanuel Macron dans un communiqué envoyé peu après 3 heures du matin, heure française. L'opération militaire a visé des "cibles multiples" à l'aide de "munitions diverses", ont pour leur part indiqué des responsables de l'administration américaine auprès de l'AFP. 

Plusieurs fortes explosions ont été entendues dans la capitale syrienne Damas survolée par des avions, ont constaté des correspondants de l'AFP et de Reuters. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), un centre de recherche scientifique de Damas, ainsi que plusieurs bases de l'armée syrienne situées dans la capitale, font partie des cibles des frappes internationales. La Garde républicaine et la 4e Division, des unités d'élite des forces syriennes, ont notamment été visées. Le ministère britannique de la Défense a pour sa part annoncé avoir frappé un complexe militaire situé près de Homs, à l'ouest de la Syrie.

"Cette première vague de frappes est terminée", a annoncé le Pentagone peu après 4 heures du matin, moins d'une heure après le début de l'opération. Présent aux côtés du ministre de la Défense Jim Mattis, le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, a indiqué qu'aucune autre opération n'était prévue pour l'instant, précisant que les alliés avaient pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays, mais que Moscou n'avait pas été averti à l'avance de l'intervention.

La télévision d'Etat syrienne dénonce une "agression américaine"

La télévision d'Etat syrienne a dénoncé une "agression américaine en coopération avec la France et la Grande-Bretagne", et ajouté que la défense syrienne avait abattu 13 missiles au sud de Damas. 

"Il y a peu de temps, j'ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision contre des cibles associées aux capacités chimiques militaires du dictateur syrien Bachar Al-Assad, avait déclaré Donald Trump peu avant le communiqué d'Emmanuel Macron, lors d'une courte allocution à la Maison Blanche. "Une opération combinée est en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux", a-t-il ajouté.

Donald Trump a promis que l'opération durera "aussi longtemps qu'il le faudra"La Russie doit décider si elle poursuit le long de "cette voie sinistre" ou si elle se joint aux nations civilisées, a ajouté le président des Etats-Unis.

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