"Cela relève de l’information, pas du sensationnalisme" : la réponse cinglante de l'AFP au Média sur la diffusion de photos prises en Syrie

Christian Chaise, directeur régional de l’AFP pour le Moyen Orient & l’Afrique du Nord, a répondu dans un tribune publiée sur le site de "L'Express".

Une femme syrienne dans la Ghouta orientale, près de Damas, la capitale syrienne, le 27 février 2018.
Une femme syrienne dans la Ghouta orientale, près de Damas, la capitale syrienne, le 27 février 2018. (SAMER BOUIDANI / DPA / AFP)

"Il n'est pas possible de rendre compte d'une guerre sans montrer au moins en partie les formes qu'elle prend et ses conséquences." Dans une tribune publiée sur le site de L'ExpressChristian Chaise, directeur régional de l’Agence France presse (AFP) pour le Moyen Orient & l’Afrique du Nord répond, au Média sur le traitement de situation dans la Ghouta orientale, fief rebelle aux portes de Damas, la capitale syrienne.

Malgré la trêve, les bombardements des troupes de Bachar Al Assad et de la Russie se poursuivent sur cette zone où vivent quelque 400 000 personnes. Au moins 500 civils sont morts depuis le 18 février. Les images qui parviennent de la Ghouta orientale sont dures. "C'est une punition généralisée, un massacre, une politique de terre brûlée", a jugé Ziad Alissa, président de l'Union des organisations de secours et soins médicaux-France.

Le choix radical du Média

Face à la violence de ces images, Le Média, web télé soutenue par les Insoumis, a choisi de n'en montrer aucune. "Nous ne sommes pas là pour faire du sensationnalisme, mais de l'information", a écrit l'un de ses journalistes, Claude El Khal.

"Aucune de ces informations et de ces images n'a été vérifiée de manière indépendante", estime-t-il (à partir de 19 minutes dans cette vidéo).

Tris et authentifications de l'AFP

"Malgré la force qu'ont les mots lorsqu'on sait les choisir, ils ne peuvent pas témoigner des drames humains et des tragédies avec la même force que les images", rétorque Christian Chaise.

Cela relève de l'information, pas du sensationnalisme. Ne pas diffuser ces images reviendrait à faillir à notre mission (et notre devoir) d'informer.Christian Chaiseadans une tribune sur L'Express.fr

Le journaliste souligne que l'AFP n'utlise pas toutes les photos qui lui parviennent mais effectue un tri draconien. Sur la véracité des documents diffusés, il précise que "toutes les photos que diffuse l'AFP de la Ghouta orientale (et plus généralement de Syrie) sont vérifiées et authentifiées par notre desk d'édition photo, situé à Nicosie, moyennant un travail aussi minutieux qu'indispensable".

"Pour chaque cliché, nous vérifions systématiquement les métadonnées, qui nous permettent de savoir exactement quand les photos ont été prises", détaille-t-il. S'il y a un doute, l'agence contacte les journalistes sur place pour avoir davantage de détails. Et de conclure : "Si nous n'obtenons pas les réponses recherchées, nous n'utilisons pas les photos."