Carlos Francisco (MSF) : à Alep, "on voit les victimes soignées à même le sol"

"C'est la pire situation jamais vécue à Alep", a estimé sur franceinfo Carlos Francisco, chef de la mission "Syrie" de MSF, alors que le nord de la Syrie est toujours bombardé par les forces russes et syriennes.

Le quartier rebelle à Alep, bombardé le 25 septembre 2016
Le quartier rebelle à Alep, bombardé le 25 septembre 2016 (AMEER ALHALBI / AFP)

Alors que l'armée de Bachar al-Assad et la Russie bombardent toujours Alep, dans le nord de la Syrie, Carlos Francisco, chef de la mission "Syrie" de Médecins sans frontières a dressé lundi 26 septembre sur franceinfo un état des lieux accablant sur la situation humanitaire de la population civile.

"Il est très difficile pour les équipes de secours d'accéder aux bâtiments effondrés car les bombardements sont intenses et ininterrompus, explique-t-il. Le peu de médecins qui restent à Alep sont débordés".

Carlos Francisco suit la situation depuis Gaziantep, en Turquie, tout près de la frontière syrienne. "Les médecins syriens à qui je parle m'ont envoyé des images où l'on voit les victimes soignées à même le sol. Il n'y a plus assez de lits".

60% de ces blessés sont des femmes, des enfants et des personnes âgéesCarlos FranciscoMSF

Par ailleurs, la station qui fournit de l'eau dans l'est d'Alep a été touchée par les bombardements. Près de 250 000 personnes se retrouvent privées d'eau potable, selon lui.

"C'est la pire situation jamais vécue à Alep", estime l'humanitaire. "La ville a déjà connu beaucoup de bombardements l'an passé. Mais là, il y a le siège de la ville, qui empêche à toute aide humanitaire d'entrer et qui empêche l'évacuation des blessés."

Avec le siège, plus de 250 000 civils sont pris au piège dans la partie est de la ville.

Carlos Francisco, chef de la mission "Syrie" de Médecins sans frontières : "Le peu de médecins qui restent à Alep sont débordés"
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