Alep. "Nous avons repris trois des cinq rues perdues", affirment les rebelles

L'Armée syrienne libre annonce avoir repris du terrain à l'armée dans les rues du quartier de Salaheddine, où les combats font rage.

Les rebelles syriens ont été contraints de reculer dans le quartier de Salaheddine, à Alep (Syrie), le 7 août 2012. 
Les rebelles syriens ont été contraints de reculer dans le quartier de Salaheddine, à Alep (Syrie), le 7 août 2012.  (GORAN TOMASEVIC / REUTERS)

SYRIE - Rue par rue, armes au poing, les rebelles perdent du terrain, en reprennent et défendent leur fief du quartier de Salaheddine, à Alep. En lançant une offensive terrestre sans précédent mercredi 8 août dans la matinée, l'armée syrienne a déclenché la bataille d'Alep.

En milieu de journée, l'armée a affirmé avoir "pris le contrôle total de Salaheddine, infligeant aux groupes terroristes des pertes sévères et faisant un grand nombre de morts et de blessés" dans leurs rangs. Un militant admet avoir vu les chars loyalistes sur la place Salaheddine et rue Khodr, deux positions stratégiques dans le quartier.

Mais dans l'après-midi, l'Armée syrienne libre dit avoir "reçu le renfort de 700 combattants (…), nous avons lancé une contre-offensive et repris trois des cinq rues perdues". Et d'ajouter qu'"actuellement, trois hélicoptères, un avion ainsi que l'artillerie bombardent, ce qui prouve qu'ils ont perdu du terrain". L'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne, mais qui compte un réseau de militants en Syrie, a d'ailleurs confirmé la perte de terrain par l'armée régulière.

20 000 soldats contre 6 000 rebelles

Selon une source de sécurité à Damas, "l'élimination des poches de résistance devrait se poursuivre jusqu'à jeudi matin. L'armée a l'intention de prendre ensuite le quartier limitrophe de Seif al-Dawla, plus à l'est".

D'après un responsable du régime de Bachar Al-Assad, au moins 20 000 militaires se trouveraient à Alep, alors que les rebelles comptent pour leur part entre 6 000 et 8 000 hommes. Les insurgés disent tenir la moitié de la ville.

De nombreux impacts d'artillerie

L'ONG Amnesty International a par ailleurs divulgué des images satellites d'Alep et une ville de sa banlieue, Anadane, prises entre le 23 juillet et le 1er août. Elles montrent notamment l'étendue des bombardements sur la deuxième ville du pays, mais aussi une file d'attente devant une station d'essence. Nourriture et produits de première nécessité manquent dans la ville.

Vue générale :

 

Une vue d\'Anadane, en banlieue d\'Alep, le 31 juillet 2012, montre 600 impacts probables de tirs d\'artillerie, symbolisés par les points jaunes.
Une vue d'Anadane, en banlieue d'Alep, le 31 juillet 2012, montre 600 impacts probables de tirs d'artillerie, symbolisés par les points jaunes. (DIGITAL GLOBE 2012 / AMNESTY INTERNATIONAL / FTVI)

Vue détaillée :

Prise le 31 juillet 2012, cette vue montre des un quartier résidentiel d\'Anadane, une petite ville proche d\'Alep. Les bulles indiquent de probables cratères provoqués par de l\'artillerie.
Prise le 31 juillet 2012, cette vue montre des un quartier résidentiel d'Anadane, une petite ville proche d'Alep. Les bulles indiquent de probables cratères provoqués par de l'artillerie. (DIGITAL GLOBE 2012 / AMNESTY INTERNATIONAL / FTVI)

L'ONU fixe une réunion ministérielle sur la Syrie

Parallèlement, à la demande de la France, le Conseil de sécurité de l'ONU a fixé une nouvelle réunion sur la situation de la Syrie le 30 août, selon des diplomates. 

Le 1er août, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait assuré qu'une telle réunion serait organisée avant la fin du mois. Il avait auparavant déclaré que la France, qui préside le Conseil de sécurité en août, en profiterait pour "demander (…) une réunion pour essayer d'arrêter les massacres et préparer la transition politique".