Réforme du corps diplomatique : "C'est absurde et participe de l'affaiblissement de la diplomatie française", selon un ancien ambassadeur

Jean de Gliniasty critique le projet de réforme du corps diplomatique qui va entraîner une grève des diplomates jeudi.

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Radio France
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Devant le ministère des Affaires étrangères, 13 juillet 2007. Photo d'illistration. (CLEMENS BILAN / AFP)

"L'idée de créer une espèce d'interchangeabilité des diplomates avec un sous-préfet ou un receveur de poste est absurde", déclare mercredi 1er juin sur franceinfo le directeur de recherche à l'Iris Jean de Gliniasty. Ancien ambassadeur de France en Russie, entre 2009 et 2013, il critique le projet de réforme du corps diplomatique qui va entraîner une grève des diplomates jeudi :"Cette absence de spécialisation du métier est une erreur grave et participe de l'affaiblissement de la diplomatie française."

"Le métier de diplomate, poursuit l'ancien ambassadeur, comme celui de préfet, ce n'est pas simplement une formation en langues, en droit ou en relations internationales. C'est un métier qui s'apprend. C'est une expérience." Pour Jean de Gliniasty, on devient ambassadeur en "faisant carrière" et en commencant "petitement" à des postes de "diplomate de base". "Il y a toute une série de procédures, d'habitudes, d'expertises de la négociation à apprendre à la base, explique-t-il. Il y a des Chinois, des Indiens, des Russes qu'il faut connaître pour négocier. Or, c'est très difficile pour un ambassadeur, coupé du pays, d'aller se promener dans des bistrots et de discuter avec des gens. Les diplomates de base peuvent le faire."

L'ancien ambassadeur de France en Russie note par ailleurs un recul de l'influence française qui peut se lire dans les budgets de l'État. Lorsqu'il est entré au Quai d'Orsay, "le budget du ministère des Affaires étrangères représentait 1% du budget de la France, sans compter la coopération avec l'Afrique qui était un budget à part",indique Jean de Gliniasty.  Aujourd'hui, l'ensemble de ces deux budgets qui ont depuis été fondus ensemble "fait 0,7%" "Inutile de vous dire qu'en matière d'influence, de soft power ou d'échanges culturels, c'est une dégradation absolument incroyable des moyens de la France."

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