Protection des humanitaires: ACF demande à l’ONU de nommer un rapporteur

A l’occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies (15-28 septembre 2015), Action contre la Faim (ACF) demande la création d’un poste de rapporteur chargé de la protection des travailleurs humanitaires. La campagne de l’ONG a été lancée le 8 septembre sur les réseaux sociaux via une vidéo qui met en scène un certain… Bar(r)ack Obama!

Le jeune Kenyan Barrack Obama dans la vidéo d\'Action contre la Faim.
Le jeune Kenyan Barrack Obama dans la vidéo d'Action contre la Faim. (Capture d'écran de la vidéo d'ACF)

Diffusé sur Twitter (#AnswerBarrack) et Facebook, le film montre le jeune Kényan devant un pupitre au milieu d’un champ s’adressant aux présidents américain et français, Barack Obama et François Hollande, à la chancelière allemande Angela Merkel, au Premier ministre britannique David Cameron et au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Dans son message, il les appelle à protéger les travailleurs humanitaires qui payent un lourd tribut aux conflits (en 10 ans, plus de 900 humanitaires ont été tués sur le terrain). Le film se conclut sur la nécessité de créer un poste de rapporteur spécial pour la protection des humanitaires à l'ONU.
 

Pour Action contre la Faim, son rôle serait notamment de «recenser et enquêter sur les cas de violences afin de lutter contre l'impunité, améliorer le droit national, intervenir comme défenseur, conseiller et comme un recours pour tous les travailleurs humanitaires confrontés à des cas de violences, sensibiliser et éduquer sur la nature du travail humanitaire et des principes humanitaires». Et l’ONG de préciser qu’«au cœur des conflits, là où l'accès aux populations en détresse est ardu, les travailleurs humanitaires sont parfois pris pour cible malgré les principes de neutralité et d'indépendance qui animent l'aide internationale».
           
Une situation attestée par Aid Worker Security Report 2015, dont le rapport sur la sécurité des travailleurs humanitaires en 2014 (450.000 engagés dans le monde) fait état de 329 victimes d'attaques dans 27 pays (88 blessées et 121 enlevées).
 
Un bilan toutefois en baisse de 30% par rapport à 2013, en raison d’une diminution de la présence de travailleurs humanitaires dans les pays réputés pour leur insécurité, selon cette étude. Laquelle conclut que 120 humanitaires ont été tués, la plupart en Afghanistan, en Syrie, au Soudan du Sud, en Centrafrique et au Pakistan.