Cet article date de plus de dix ans.

Zine el-Abidine Ben Ali a été condamné par contumace lundi à 15 ans et demi de prison pour détention d'armes et drogue

L'ex-président tunisien, réfugié en Arabie Saoudite, a déjà été condamné par contumace le 20 juin, avec son épouse Leïla Trabelsi, à 35 ans de prison et 45 millions d'euros pour détournement de fonds.Les avocats de la défense se sont retirés de ce 2e procès, car ils protestent contre le rejet de leur demande de report.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Zine El Abidine Ben Ali et son épouse Leila, le 25 octobre 2010. (AFP - Fethi Belaid)

L'ex-président tunisien, réfugié en Arabie Saoudite, a déjà été condamné par contumace le 20 juin, avec son épouse Leïla Trabelsi, à 35 ans de prison et 45 millions d'euros pour détournement de fonds.

Les avocats de la défense se sont retirés de ce 2e procès, car ils protestent contre le rejet de leur demande de report.

"Nous ne voulons pas participer à ce procès et nous nous retirons", a déclaré Me Hosni Beji, l'un des deux avocats commis d'office, quelques minutes après le début de l'audience, alors que le tribunal venait de rejeter sa demande de report. Des spectateurs se sont alors mis à huer le tribunal et à crier "Dégage !" Après quelques minutes de suspension l'audience a repris.

Le procès était prévu le 30 juin mais avait été reporté à cause d'une grève des magistrats.

L'audience ne s'est pas ouverte dans la même ambiance surchauffée que lors du premier procès. Quelques dizaines de personnes seulement se sont déplacées et aucune manifestation n'a été organisée à l'extérieur du tribunal. L'atmosphère était plutôt calme, hormis ces quelques huées.

L'acte d'accusation ne visait que le président déchu: deux kilos de résine de cannabis, des armes et des pièces archéologiques ont été découverts dans le palais présidentiel de Carthage après sa fuite vers l'Arabie Saoudite le 14 janvier dernier.

"Un procès par contumace est un procès formel", souligne l'ancien juge Mokhtar Yahyaoui, précisant que "tout recommence à zéro" si l'inculpé se présente devant la justice.

Avant même l'énoncé du verdict, M. Ben Ali a, par la voix de son avocat libanais Akram Azouri, rejeté ce procès comme "inexistant" et dénoncé une "calomnie politique".

La défense dénonce une justice "expéditive"
Zine el-Abidine Ben Ali a déjà été condamné le 20 juin, avec son épouse Leila Trabelsi, à 35 ans de prison et 45 millions d'euros d'amende pour détournement de fonds.

Au procès du 20 juins, les avocats avaient dénoncé une justice "expéditive".

"On rate une occasion historique pour la justice", déplore Abdessatar Messaoudi, ancien avocat commis d'office pour Ben Ali, en réclamant "un procès équitable et le respect des droits de la défense".

Mais "la seule possibilité pour la défense de débattre du dossier, c'est la présence de l'accusé", rappelle Mokhtar Yahyaoui, en jugeant "fantaisiste" l'hypothèse d'un retour volontaire de Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie.

Lire aussi:

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Proche-orient

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.