Yémen : un raid aérien sur un marché fait au moins 119 morts, dont 22 enfants

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite aide le pouvoir yéménite à reprendre les territoires conquis en 2014 par les rebelles Houthis.

Des soldats loyaux au président Abd Rabbo Mansour Hadi, à Taïz, au Yémen, le 14 mars 2016. 
Des soldats loyaux au président Abd Rabbo Mansour Hadi, à Taïz, au Yémen, le 14 mars 2016.  (ABDULNASSER ALSEDDIK / ANADOLU AGENCY / AFP)

C'est l'un des bilans les plus lourds depuis le début de l'intervention d'une coalition de pays arabes au Yémen, il y a un an. Au moins 119 personnes ont péri sur un marché bombardé mardi par la coalition sous commandement saoudien. Jeudi 17 mars, le fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a indiqué qu'au moins 22 enfants figuraient parmi les victimes.

L'Unicef fait aussi état de 47 blessés lors de ce raid qui a visé le marché de Khamis, dans la province de Hajja, dans le nord-ouest du pays, contrôlée par les rebelles Houthis.

Dans ce pays de 25 millions d'habitants, une coalition dirigée par l'Arabie saoudite aide le pouvoir à reprendre les territoires conquis en 2014 par les Houthis, d'obédience chiite. Malgré ce soutien militaire, les forces progouvernementales ne sont toujours pas parvenues à reprendre les villes conquises par les rebelles, notamment la capitale, Sanaa.

Plus de 3 000 civils morts depuis le début du conflit

Mercredi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné le raid ayant ciblé le marché et appelé de nouveau tous les belligérants à "respecter pleinement leurs obligations internationales", y compris les principes "de précaution et de proportionnalité". "Les attaques dirigées contre des civils et des biens civils, y compris les marchés fréquentés, sont strictement interdites", a rappelé Ban Ki-moon.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme estime que 3 081 civils ont trouvé la mort et 5 733 ont été blessés depuis le 26 mars 2015, début du conflit. En outre, quinze millions de personnes ont désormais des "besoins humanitaires importants", dont 2,5 millions de déplacés, selon Médecins du monde.