VIDEO. Vente d'armes à l'Arabie saoudite : "La France respecte ses engagements internationaux", affirme Edouard Philippe

Interrogé mardi par le député communiste André Chassaigne, le Premier ministre dit avoir "intensifié les contrôles" sur ses exportations d'armes, sans en préciser davantage.

FRANCEINFO

La France est "extrêmement exigeante" et "extrêmement déterminée" à respecter le droit international en matière d'exportations d'armes à des pays engagés dans la guerre au Yémen, comme l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 14 mai, lors de la séance de Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "La France respecte ses engagements internationaux", a-t-il ajouté.

Nous avons été très clairs avec les autorités des pays concernés sur le fait que nous étions particulièrement attentifs aux conditions d'emploi des matériels (...) dont nous autorisons la cession.

Edouard Philippe, Premier ministre

à l'Assemblée nationale

"Nous serons extrêmement exigeants et extrêmement déterminés à faire en sorte que le droit international soit respecté s'agissant des cessions d'armes", a-t-il également répondu au député communiste André Chassaigne, lequel a déclaré que les Français ne veulent plus être "complices de crimes contre l'humanité". Edouard Philippe ajoute que la France a par ailleurs "intensifié les contrôles" sur ses exportations d'armes, via la Commission interministérielle pour l'étude des exportations de matériel de guerre (CIEEMG) placée sous sa responsabilité.

La France évoque des "garanties" sans les détailler

Le cargo géant Bahri Yanbu avait mouillé entre mercredi et vendredi à 30 km du Havre (nord-ouest de la France) mais il n'avait finalement pas fait d'escale dans le port français où il devait procéder à un chargement d'armes. Il a toutefois chargé du matériel militaire "non létal" lors d'une escale ultérieure en Espagne, à Santander. Face aux vives critiques d'ONG sur ces exportations accusées de violer le traité sur le Commerce des Armes, les autorités françaises déclarent invariablement que les armes sont utilisées de manière défensive et non sur la ligne de front.

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont les principaux pays d'une coalition engagée depuis 2015 au Yémen contre les rebelles houthis soutenus par l'Iran. Ce conflit a entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils. La semaine dernière, le président Emmanuel Macron a martelé qu'il "assumait" ces ventes d'armes au nom de la lutte antiterroriste, assurant avoir obtenu la "garantie" – sans autre précision – que ces équipements n'étaient pas utilisées "contre des civils".

Le Premier ministre Edouard Philippe lors de la séance de questions au gouvernement, le 14 mai 2019 à l\'Assemblée nationale à Paris.
Le Premier ministre Edouard Philippe lors de la séance de questions au gouvernement, le 14 mai 2019 à l'Assemblée nationale à Paris. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)