Les rebelles houthis font une percée importante au Yémen et attaquent une raffinerie en Arabie saoudite

En remportant une bataille décisive et en bombardant une raffinerie dans la capitale saoudienne, les Houtis ont marqué des points vendredi dans leur lutte contre l'Arabie saoudite.

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Des partisans des rebelles houthis, le 21 septembre 2019 à Sanaa (Yemen). (MOHAMMED HAMOUD / ANADOLU AGENCY / AFP)

Une attaque de drones, vendredi 19 mars, dans la capitale saoudienne a provoqué un incendie dans une raffinerie de pétrole. Elle a été revendiquée par les rebelles houthis, qui viennent de réaliser une avancée stratégique dans le nord du Yémen en guerre. Il s'agit de la seconde attaque majeure depuis début mars visant des installations énergétiques saoudiennes, soulignant l'escalade du conflit au Yémen voisin, pays ravagé par la guerre opposant les Houthis soutenus par l'Iran au gouvernement appuyé par une coalition militaire sous commandement saoudien.

"La raffinerie de pétrole à Riyad a été attaquée par des drones, déclenchant un incendie qui a été contrôlé", a indiqué le ministère saoudien de l'Energie, précisant qu'il n'y avait pas de victime. Condamnant "une attaque lâche", le ministère a estimé que ces frappes ne visaient pas seulement le royaume, mais aussi l'économie et la sécurité économique mondiales. Les Etats-Unis ont "condamné fermement" cette attaque ainsi que "les tentatives des Houthis pour perturber l'approvisionnement énergétique mondial en ciblant les infrastructures saoudiennes", a indiqué à la presse Jalina Porter, une porte-parole du département d'Etat.

Des attaques de plus en plus fréquentes

Les Houthis ont confirmé, dans un communiqué, avoir visé avec six drones le géant pétrolier Saudi Aramco, en réponse à "l'agression brutale" de la coalition militaire au Yémen. Les rebelles ont multiplié les attaques en territoire saoudien ces dernières semaines. Riyad a annoncé, début mars, qu'un drone avait frappé un important port pétrolier et qu'un missile balistique avait visé des installations d'Aramco dans l'Est.

L'attaque de vendredi survient le jour où les Houthis ont pris le contrôle d'une montagne aux alentours de Marib – dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen –, ce qui représente une avancée majeure pour conquérir cette ville stratégique. Les rebelles ont "pris le contrôle du mont Hilan qui surplombe Marib à l'issue de combats qui ont fait des dizaines de morts et de blessés", a indiqué un responsable militaire des forces gouvernementales à l'AFP.

La pire crise humanitaire en cours

Après plus de six ans de guerre, les Houthis ont relancé, le 8 février, leur offensive contre cette région pétrolière, entraînant des combats meurtriers. Marib est située à environ 120 kilomètres à l'est de la capitale Sanaa, contrôlée depuis 2014 par les Houthis tout comme une grande partie du nord du pays. La prise de Marib représenterait un coup dur pour les forces progouvernementales et pour l'Arabie saoudite. Elle permettrait aux rebelles de disposer d'une nouvelle source de revenus et d'une position de force lors d'éventuelles négociations.

La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire actuellement au monde, selon l'ONU. Elle a fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales, sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

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