Vingt-huit femmes yézidies et leurs enfants, victimes du groupe Etat islamique, sont arrivés en France

Au total, 132 Yézidis ont quitté Erbil à la mi-journée. Cette minorité a été pourchassée en Irak par le groupe Etat islamique. 

Des Yézidies participent à une cérémonie au temple Lilash pour commémorer les victimes du groupe Etat islamique, le 8 mars 2019 à Shikhan (Irak).
Des Yézidies participent à une cérémonie au temple Lilash pour commémorer les victimes du groupe Etat islamique, le 8 mars 2019 à Shikhan (Irak). (ARI JALAL / REUTERS)

Vingt-huit femmes yézidies et leurs enfants, victimes en Irak du groupe Etat islamique (EI), ont atterri à Toulouse (Haute-Garonne) mercredi 22 mai au soir, dans le cadre d'un programme d'accueil des réfugiés. Au total, 132 Yézidis ont quitté Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, à la mi-journée, explique le directeur du centre de crise du Quai d'Orsay, Eric Chevallier, qui les accompagne.

L'opération est organisée par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et financée par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, a souligné le ministère dans un communiqué. Ces familles seront "prises en charge dans différents départements français (...) et la France leur assure protection, sécurité, éducation et accompagnement médico-social".

En partenariat avec la prix Nobel Nadia Murad

Le président Emmanuel Macron s'était engagé auprès de Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018 et elle-même ancienne victime du groupe terroriste, à mettre en place une "opération exceptionnelle d'accueil" bénéficiant à 100 familles yézidies. Ces opérations se déroulent d'ailleurs en partenariat avec la jeune femme et son association Nadia's Initiative.

La militante yézidie Nadia Murad lors d\'un événement organisé à Paris, le 9 mai 2019, en amont du sommet G7 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).
La militante yézidie Nadia Murad lors d'un événement organisé à Paris, le 9 mai 2019, en amont du sommet G7 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Vivant dans les coins reculés des montagnes du Kurdistan irakien, dans le nord du pays, les Yézidis sont une minorité kurdophone adepte d'une religion ésotérique monothéiste. En août 2014, leur sort a basculé lorsque le groupe Etat islamique s'est emparé d'un tiers de l'Irak, notamment du foyer historique des Yézidis sur les monts Sinjar. Les jihadistes ont tué des hommes, transformé en enfants-soldats les plus jeunes et condamné des milliers de femmes aux travaux forcés et à l'esclavagisme sexuel.

>> Irak : l'ONU enquête sur douze charniers imputés au groupe Etat islamique

De nouvelles arrivées prévues en France

D'après Eric Chevallier, deux catégories de femmes sont concernées par l'accueil de la France : celles qui ont été esclaves du groupe terroriste et qui ont aujourd'hui "beaucoup de mal à se réintégrer dans la société yézidie", et celles qui ont dû fuir leur zone d'habitation lors de l'avancée des jihadistes, perdant la plupart des hommes de leur entourage, et "qui sont très isolées avec leurs enfants". En décembre 2018, 16 d'entre elles avaient déjà été accueillies avec leurs enfants – 83 personnes au total – et d'autres devraient encore arriver en France au cours de l'année 2019.

Sur les 550 000 Yézidis en Irak avant la percée jihadiste, près de 100 000 ont quitté le pays et d'autres sont déplacés au Kurdistan. "La France s'est engagée à développer des projets dans le Sinjar (...) pour permettre à ceux qui le peuvent et le souhaitent de revenir dans la zone", a enfin souligné Eric Chevallier, évoquant notamment le projet de construction d'un hôpital. En France, la communauté avoisine aujourd'hui les 10 000 membres.