VIDEO. Pour Manuel Valls, ce n'est pas à la France "d'aller chercher" les Français ayant rejoint l'Etat islamique

Une vingtaine de familles de femmes parties rejoindre les jihadistes ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander de les rapatrier.

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La France doit-elle rapatrier ses ressortissants qui étaient partis grossir les rangs de l'organisation Etat islamique pour les juger ? Pour Manuel Valls, la réponse est non. L'ancien Premier ministre l'a déclaré, dimanche 5 novembre, au "Grand rendez-vous" Europe 1/CNews/Les Echos, alors qu'une vingtaine de familles de femmes parties rejoindre le "califat" proclamé par les terroristes en Syrie et en Irak ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander de les rapatrier.

"Nous sommes dans une guerre, oui ou non ?"

"Moi, je pense que non. Je pense qu'il y a un moment où la responsabilité individuelle ou celle d'une famille doit s'imposer. Et que ce n'est pas à nous d'aller les chercher, de traiter ces questions", a répondu Manuel Valls. Et l'ancien chef du gouvernement d'ajouter : "Certains sont revenus, leur place est en prison, et ces familles doivent passer devant les tribunaux."

"Il y a même des pays qui ont décidé, nous avons eu ce débat difficile, de déchoir de la nationalité des personnes qui sont parties à l'extérieur pour combattre nos valeurs, pour combattre la France. Nous sommes dans une guerre, oui ou non ? En tout cas, en Irak et en Syrie, nous participons à une guerre, nous sommes dans une coalition", a rappelé le désormais député.

Quelque 1 700 Français chez les jihadistes

Selon le gouvernement, environ 1 700 Français sont allés rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes à partir de 2014. Sur ce total, 278 sont morts (chiffre qu'il admet lui-même être sous-évalué) et 302 sont revenus en France (244 adultes et 58 mineurs). Face à ces cas, le gouvernement affiche sa fermeté.

"S'agissant de l'Irak, lorsque des personnes qui se trouvaient sur le territoire irakien ont été capturées, ces personnes seront judiciarisées en Irak", a réaffirmé mardi la ministre des Armées, Florence Parly. "En Syrie (...), si des ressortissants français sont sur ce territoire syrien et entre les mains de différentes autorités, un signalement est fait auprès du CICR (le Comité international de la Croix-Rouge), a-t-elle ajouté. Pour les personnes qui seraient de retour sur le territoire français, elles savent qu'elles s'exposent à des poursuites judiciaires systématiques."

Le député de l\'Essonne Manuel Valls, le 17 octobre 2017, lors d\'une séance à l\'Assemblée nationale à Paris.
Le député de l'Essonne Manuel Valls, le 17 octobre 2017, lors d'une séance à l'Assemblée nationale à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)