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Vidéo Complément d'enquête. Omar Omsen légitime l'attentat contre "Charlie Hebdo"

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France Télévisions

Romain Boutilly a retrouvé en Syrie le recruteur numéro 1 de jihadistes français, que tout le monde croyait décédé. Voici un extrait de la première interview accordée par Omar Omsen depuis sa "fausse mort", au cours d'un tournage exceptionnel de trois jours dans sa "katiba" syrienne, qu'il a lui-même contrôlé. 

Le principal recruteur français pour le jihad en Syrie n'est pas mort, comme on l'a cru à l'été 2015. Omar Omsen a lui-même contacté Romain Boutilly en apprenant qu'il préparait un documentaire. Après vérifications et débat au sein de la rédaction, le magazine "Complément d'enquête" a envoyé un camaraman local dans sa katiba (brigade) syrienne de jeunes Niçois affiliée au Front Al-Nosra, rival de l'organisation Etat islamique. Voici un extrait de la première interview d'Omar Omsen depuis sa "fausse mort", au cours d'un tournage de trois jours contrôlé par ses soins.

Le Franco-Sénégalais de 41 ans s'est rendu célèbre avec sa série de vidéos "documentaires" 19HH – pour les 19 terroristes du 11 septembre 2001 et les tours jumelles du World Trade Center. Un mélange de thèses complotistes, de références coraniques et de scènes cinématographiques assaisonné d'effets spéciaux considéré comme un redoutable vecteur d'embrigadement pour le jihad. Systématiquement repostées sur YouTube après leur suppression, ces vidéos continuent à contribuer à des dizaines de départs de jeunes Français en Syrie.

Un hommage glaçant aux frères Kouachi

Dans cet extrait, voici le propagandiste dans sa tente aménagée en cellule média, en train de concocter le prochain opus de la série. Ce sera un hommage glaçant aux frères Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo. Sur les images que manipule Omsen, Patrick Pelloux, qui dit son pressentiment que "bientôt, ils vont nous tirer dessus", les dessinateurs Wolinski ou Cabu, abattus le 7 janvier 2015...

Omar Omsen prend soin de marquer ses distances avec Daech. Sa responsabilité dans un attentat n'a jamais été établie, il revendique une "méthodologie différente" et désapprouve celle des attaques du 13 novembre : "Venir faire une opération en plein Paris, tuer des gens... Il n'y a aucun message là-dedans qui va toucher le cœur de la majorité des musulmans. Il va toucher juste ton groupe parce qu'ils sont comme toi", juge-t-il. Mais dans cet extrait, il franchit un cap en légitimant l'attaque contre Charlie Hebdo et le terrorisme : "Si le fait de soutenir les Kouachi fait de moi un terroriste, alors je suis un terroriste." Aurait-il pu mener une telle opération ? "Si Allah me l'avait permis, j'aurais voulu être choisi pour faire cela."

Extrait de "Complément d'enquête. Jihad : les recruteurs".

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