Syrie : la cour d'appel de Paris confirme la mise en examen du cimentier Lafarge pour "complicité de crimes contre l'humanité"

Le groupe est soupçonné d'avoir versé en 2013 et 2014, via une filiale, plusieurs millions d'euros à des groupes terroristes, dont l'organisation Etat islamique.

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Vue d'un site du cimentier Lafarge, le 8 septembre 2021, à Paris. (JULIEN MATTIA / ANADOLU AGENCY / AFP)

La cour d'appel de Paris a tranché. La juridiction a confirmé, mercredi 18 mai, la mise en examen du groupe cimentier Lafarge pour "complicité de crimes contre l'humanité" concernant ses activités jusqu'en 2014 en Syrie.

Le cimentier, désormais filiale d'Holcim, est soupçonné d'avoir versé, en 2013 et 2014, plusieurs millions d'euros à des groupes terroristes, dont l'organisation Etat islamique. L'objectif : maintenir l'activité d'une cimenterie en Syrie alors que le pays s'enfonçait dans la guerre.

Contre l'avis du parquet général, la cour d'appel a également prononcé le maintien de la mise en examen de Lafarge pour "mise en danger de la vie d'autrui", en l'occurrence ses ex-salariés syriens qui ont été amenés à continuer leur activité dans la cimenterie de Jalabiya, alors que la région était en proie à de nombreuses violences.

Une décision "emblématique"

Dans la foulée de cette décision, le groupe Lafarge a fait savoir qu'il allait demander l'annulation de cette mise en examen auprès de la Cour de cassation. "Nous sommes fermement en désaccord avec la décision de la cour d'appel de Paris. (...) Nous croyons fermement que ces accusations ne devraient pas être retenues contre Lafarge", explique-t-il.

Le groupe avait obtenu de la cour d'appel de Paris, en novembre 2019, l'annulation de sa mise en examen en 2018 pour "complicité de crimes contre l'humanité". Mais, en septembre 2021, la Cour de cassation avait cassé cette décision de la cour d'appel.

Les parties civiles ont salué, mercredi, une décision "emblématique" ainsi qu'une "étape importante" dans cette information judiciaire ouverte en juin 2017. "C'est un succès énorme", s'est félicitée sur France Inter Claire Tixeire, l'avocate du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits humains qui s'est porté partie civile, car "c'est la première fois au monde qu'une entreprise se voit mise en examen d'un tel crime". 

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