Syrie : la coalition a tué 1 600 civils lors de la bataille de Raqqa en 2017, selon Amnesty international

De son côté, "la coalition a admis être responsable de la mort de 159 civils, soit environ 10% du nombre total recensé" par Amnesty, déplore l'ONG. 

Des bombardements sur Raqa en Syrie, le 17 juillet 2018. 
Des bombardements sur Raqa en Syrie, le 17 juillet 2018.  (BULENT KILIC / AFP)

Des centaines et des centaines de victimes collatérales. Plus de 1 600 civils ont été tués en 2017 dans la ville syrienne de Raqqa durant l'offensive de la coalition internationale anti-jihadiste dirigée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique, selon un rapport publié jeudi 25 avril par l'ONG Amnesty international. L'ancienne capitale du califat autoproclamé par l'EI a été détruite à près de 80% lors de cette offensive d'envergure qui avait duré quatre mois.

Amnesty international a mené cette enquête en collaboration avec Airwars, une ONG recensant les victimes civiles de bombardements aériens dans le monde. Leurs résultats sont le fruit de mois de recherches sur le terrain et d'analyses de données, dont plus de deux millions d'images satellitaires étudiées par 3 000 volontaires de 124 pays associés au projet.

De nombreux cas documentés par Amnesty constituent probablement des violations du droit international humanitaire et nécessitent une enquête plus approfondie.Amnesty international

"De nombreux bombardements aériens n'étaient pas précis et des dizaines de milliers de tirs d'artillerie ont été lancés de façon aveugle", a affirmé Donatella Rovera, conseillère en gestion de crise à Amnesty international. Selon elle, le bilan élevé de victimes civiles est notamment lié à des failles du renseignement. Dans de nombreux cas, des bâtiments résidentiels ont été pris pour cible, tuant des familles entières qui y vivaient ou qui s'y abritaient, a-t-elle déploré.

"Arrêter de nier l'ampleur des morts de civils"

Le choix des armes durant l'offensive pose également problème. "Il existe des missiles, plus coûteux, au rayon d'explosion plus restreint mais la coalition a souvent utilisé (...) de vieilles bombes de type MK qui détruisent des bâtiments entiers. Elles sont beaucoup moins chères", a affirmé l'experte. Amnesty a également critiqué l'utilisation intensive des tirs d'artillerie.

Les auteurs de l'enquête ont exhorté les principaux pays membres de la coalition –parmi lesquels les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France – à faire preuve de plus de transparence et à assumer leurs responsabilités. "Amnesty international et Airwars appellent les forces de la coalition à arrêter de nier l'ampleur choquante des morts de civils et de la destruction que leur offensive à Raqqa a causé", peut-on lire dans le rapport.