Syrie : à Alep, le temps venu de la reconstruction

À Alep, depuis neuf mois et la fin des combats avec l'État islamique, 300 000 habitants sont revenus dans une ville où tout reste à reconstruire. Reportage.

France 2

Elle était la capitale économique de la Syrie. Alep est cependant aujourd'hui en ruines. Un trésor mondial défiguré par les bombes ; une cité autrefois trépidante aujourd'hui désertée. La vieille ville d'Alep fut le théâtre d'une impitoyable guerre qui n'a laissé aux habitants qu'un décor de désolation. Aujourd’hui, il faut faire renaître ces quartiers. Car le défi majeur d'Alep est celui de la reconstruction. Certains quartiers sont encore difficiles d'accès car ils doivent être déblayés. À l'entrée du souk, certains accès avaient tout simplement disparu sous les gravats. "Les décombres atteignaient par endroit quatre mètres de hauteur, il a fallu tout enlever", indique Zakaria Kormouche, chargé par la municipalité d'Alep de la reconstruction de la ville.

Rien n'a été épargné

Il a fallu également consolider les structures les plus fragiles en urgence, comme à l'intérieur d'un des monuments les plus célèbres de la ville : la mosquée omeyyade. L'édifice millénaire a perdu son minaret pendant la bataille et n'est plus que l'ombre de lui-même. Le souk attenant, le plus long du monde, n'est plus aujourd'hui qu'un labyrinthe abandonné et calciné. Quant aux ruelles autrefois pleines de charme, elles ne sont plus que des impasses, sans âme. "Les sites célèbres d'Alep ne sont pas les seuls à avoir été touchés, aucun bâtiment n'a été épargné", explique Franck Génauzeau, envoyé spécial sur place. "Écoles, commerces, administrations... c'est tout un centre ville qu'il faut aujourd'hui reconstruire". L'UNESCO et plusieurs organisations planchent déjà sur des plans de rénovation, mais ce sont les habitants, dont 300 000 sont déjà revenus, qui seront les premiers acteurs de la renaissance d'Alep.

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Un soldat du régime syrien, le 23 décembre 2016 à Alep (Syrie).
Un soldat du régime syrien, le 23 décembre 2016 à Alep (Syrie). (GEORGE OURFALIAN / AFP)