REPORTAGE FRANCE 2. Dans Palmyre reconquise, les exactions de l'Etat islamique restent bien visibles

La ville et sa cité antique ont été reconquises il y a une semaine par l'armée loyaliste syrienne. Les reporters de France 2 ont pu se rendre sur place.

FRANCK GENAUZEAU et STEPHANE GUILLEMOT - FRANCE 2

Après dix mois passés sous le contrôle de l'Etat islamique et 2 000 frappes de l'armée russe en 15 jours, les soldats de l'armée loyaliste syrienne découvrent les vestiges laissés par les jihadistes dans Palmyre (Syrie) : ateliers de fabrication de mines artisanales, laboratoires chimiques, tout le nécessaire pour fabriquer le TATP, le même explosif qui a servi pour les attentats de Paris et de Bruxelles, la signature de l'organisation Etat islamique.

Dans des registres et des documents abandonnés par les jihadistes dans leur fuite, les reporters de France 2 découvrent que les combattants islamistes pouvaient acheter des femmes : 3 euros pour une période de six mois. Une liste de jeunes recrues, âgées de 14 à 19 ans, est également consultable.

Le bâtiment qui a servi de tribunal a été abandonné. "Ils nous maintenaient dans un état de terreur permanente, ils nous disaient : 'Vous n'avez que deux options, la décapitation ou l'égorgement", raconte un ancien prisonnier rescapé des jihadistes.

"Dans ce charnier, on a trouvé même un bébé de 6 mois"

Au nord de Palmyre, les soldats syriens ont découvert un charnier. "Ici, on a trouvé cinq hommes, sept femmes, huit enfants, et même un nourrisson de 6 mois" raconte un soldat syrien qui accompagne les reporters. "Ils étaient tous enterrés les uns sur les autres." Une quarantaine de cadavres déterrés de ce charnier se trouveraient aujourd'hui à l'hôpital militaire de la ville de Homs. Selon l'opposition syrienne, près de 300 personnes ont été exécutées à Palmyre durant l'occupation de la ville par les jihadistes.

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Des soldats de l\'armée syrienne dans la ville de Palmyre (Syrie), le 1er avril 2016.
Des soldats de l'armée syrienne dans la ville de Palmyre (Syrie), le 1er avril 2016. (OMAR SANADIKI / REUTERS)