Réfugié irakien arrêté dans le Calvados : son avocat assure qu'il n'a "jamais été membre d'Al-Qaïda ni de Daech"

L'homme a été mis en examen en mars, notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et pour "crimes de guerre", et écroué.

L\'avocat Mohamed El Monsaf Hamdi devant la presse à Paris, le 10 juin 2018.
L'avocat Mohamed El Monsaf Hamdi devant la presse à Paris, le 10 juin 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Il a été très actif dans la lutte contre l'Etat islamique." L'avocat du réfugié irakien arrêté en France pour des soupçons de participation à des massacres commis par le groupe Etat islamique (EI) a dénoncé, dimanche 10 juin, une "injustice", affirmant que son client s'était au contraire engagé dans la lutte contre les jihadistes.

Mohamed El Monsaf Hamdi a précisé que son client, Ahmed H, était né le 15 avril 1984 à Samarra en Irak et l'a décrit comme un "membre très important des services de sécurité nationale" de Tikrit, au nord de Bagdad, entre 2007 et 2014. "Il n'a jamais été membre ni d'Al-Qaïda ni de Daech et encore moins administrateur de la région de Samarra pour le compte" du groupe EI, a-t-il soutenu. Il a au contraire fait valoir son "rôle déterminant" dans "l'arrestation, en 2012 et 2013, de deux principaux cadres" de l'EI de la province de Salah Eddine, dont Tikrit est la capitale.

Le témoignage d'un codétenu

Arrivé en France à l'été 2016, l'Irakien avait obtenu l'asile politique en juin 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Interpellé dans le Calvados, il a été mis en examen en mars à Paris, notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et pour "crimes de guerre", et écroué. La justice le soupçonne d'avoir participé au massacre de Speicher, du nom d'une base militaire située près de Tikrit.

Or, pour l'avocat, son client "avait déjà quitté Tikrit" lors du massacre. Emprisonné auparavant après avoir "fait les frais" d'une "guerre" entre services de sécurité, il a, selon lui, été par la suite désigné par un codétenu, entendu par les autorités irakiennes, comme ayant participé au massacre. "On parle de crimes sur la seule foi du témoignage" de ce codétenu "condamné à mort" en août 2017 et "exécuté", a affirmé l'avocat. De son côté, Ahmed H réfute les faits.