Rapatriement d'Irak de trois enfants d'un couple de jihadistes français : ils "sont très lourdement traumatisés"

L'avocat des trois enfants de jihadistes français rapatriés depuis l'Irak était l'invité de franceinfo jeudi pour évoquer leur avenir.  

Le père des trois enfants serait mort pendant le siège de Mossoul (ci-contre), libérée en juillet par les armées kurdes et irakiennes après des années d\'occupation des ismalistes de Daech. Leur mère a été capturée par les forces antiterroristes irakiennes et se trouve toujours en Irak.
Le père des trois enfants serait mort pendant le siège de Mossoul (ci-contre), libérée en juillet par les armées kurdes et irakiennes après des années d'occupation des ismalistes de Daech. Leur mère a été capturée par les forces antiterroristes irakiennes et se trouve toujours en Irak. (MAXPPP)

Trois enfants, deux petites filles et un garçon de 3 à 8 ans, d'un couple de jihadistes français ont été rapatriés d'Irak le 18 décembre, a révélé France inter mercredi 27 décembre. Ils sont arrivés à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et ont été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance de Seine-Saint-Denis. Leur mère est prisonnière en Irak avec son dernier enfant, leur père serait mort sur place, son décès n'est cependant pas confirmé. "Il y a une priorité absolue qui est de les remettre sur pied. Cela va prendre beaucoup de temps. C'est compliqué. Ces enfants sont très lourdement traumatisés", a indiqué sur franceinfo leur avocat Maître William Bourdon. 

franceinfo : Comment vont les enfants depuis le retour ?

William Bourdon : Ils sont entre les mains de familles d'accueil qui, évidemment, sont triées sur le volet par des services compétents. Il y a une priorité absolue qui est de les remettre sur pied. Cela va prendre beaucoup de temps. C'est compliqué. Ces enfants sont très lourdement traumatisés. Ils ont été arrachés à leur mère pour la bonne cause parce qu'ils sont mieux ici que là-bas. Notre mission est d'espérer obtenir rapidement un droit d'accès pour les grands-parents maternels, ce qui sera fait aussi pour les grands-parents paternels, leur permettant de retrouver ce qui incarne leur histoire familiale, leur histoire personnelle et qu'ils soient pris avec amour dans les bras de grands-parents qui sont des gens estimables et respectables.

Comment s'est organisé ce retour ?

Ce retour est le fruit de discussions assez intenses avec le Quai d'Orsay, ça s'est fait graduellement. Ce sont des dossiers où chaque protagoniste doit faire preuve de lucidité, d'humilité, c'est difficile. La Croix-Rouge a joué un rôle.

Quelle est la situation de la mère de famille retenue en Irak ?

Elle a été capturée par les forces antiterroristes irakiennes, il lui a été signifié une procédure pour des faits d'entrée irrégulière sur le territoire irakien et des faits en matière de terrorisme. Elle est dans le circuit judiciaire irakien. Un avocat a été désigné avec lequel elle est en contact. Je veux rappeler qu'elle est dans les radars d'un juge d'instruction antiterroriste français qui souhaite l'avoir un jour en face de lui pour lui poser un certain nombre de questions, évidemment la mettre en examen et selon toute vraisemblance l'incarcérer. On n'en est pas là pour l'instant. Notre préoccupation, notre vigilance est de faire en sorte que tout soit entrepris pour que si procès il y a, il respecte les principes élémentaires de procès équitable. La première exigence est de s'assurer qu'elle est convenablement défendue.