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Mossoul : les civils fuient les combats, les forces de sécurité craignent les infiltrations jihadistes

Les forces de sécurité ne sont plus qu'à quelques kilomètres du fief du groupe État islamique en Irak. Elles sont obligées de contrôler les civils qui fuient les combats par peur d'être infiltrées par des jihadistes.

Article rédigé par
Envoyé spécial, Philippe Randé - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Des milliers de civils fuient les combats autour de Mossoul, comme cette famille, le 27 octobre 2016. (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

La bataille de Mossoul, en Irak, continue. Près de 900 jihadistes ont été tués en onze jours de combats, selon les derniers chiffres fournis par Washington. Sur le terrain, les forces de sécurité gagnent du terrain, et ne sont plus qu'à quelques kilomètres de la deuxième ville d'Irak, fief du groupe État islamique.

Des milliers de civils n'ont parfois d'autre choix que de fuir, au milieu des combats. Ils cherchent à passer les lignes de front, où ils sont longuement contrôlés par peur des infiltrations jihadistes.

"C'est l'enfer"

Les ongles noirs et les yeux rouges, Mouhamad vient à peine de traverser cette fameuse ligne de front. Devant lui, un soldat kurde, le doigt sur la gâchette, le regarde avec méfiance.

"Je comprends qu'ils nous questionnent. On a passé plus de deux ans avec les jihadistes. Du coup, ils nous contrôlent en nous demandant où on était, où on dormait. Regardez ma barbe, mes vêtements... je n'avais aucun droit. Peut-être que des jihadistes fuient avec nous, mais je vous jure que si j'en vois un, je prends la chaussure du peshmerga, et je le frappe avec. [Les jihadistes] ont tout détruit."

Regardez-nous, on a l'air mort, on a faim. On dirait qu'on est malade du cancer.

Un Irakien qui fuit les combats.

Une fois le contrôle d'identité et la fouille terminés, le peshmerga à côté de Mouhamad oublie quelques secondes son rôle de soldat, pour écouter attentivement les détails de la fuite de cet homme qui a pris tous les risques : "Quand les forces spéciales sont arrivées, j'étais dans ma maison, caché. On était terrifiés. On a protégé les femmes. Puis, dans les combats, notre maison a été détruite, c'est l'enfer."

Finalement, Mouhamad embarquera à bord d'un bus, direction un camp de réfugiés encore vide. Selon le gouvernement irakien, près de 12 000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer depuis le début de la bataille de Mossoul.

Reportage de Philippe Randé, sur ces civils qui fuient les combats en Irak.
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