"Les combats facile, ça n'existe pas" : rencontre avec des combattantes des Forces démocratiques syriennes

Les Forces démocratiques syriennes tentent d’obtenir la sortie des derniers civils de Baghouz. Leurs troupes comptent aussi des femmes dans leurs rangs, dont des Européennes, engagées volontaires auprès des Kurdes.

Les kurdes YPG de la coalition emmènent le 23 février des milliers de femmes et d\'enfants de jihadistes sortis de Baghouz, le dernier bastion jihadiste du groupe Etat islamique en Syrie, dans des camions pour les déposer au camp de Al Hol à quelques heures de route. 
Les kurdes YPG de la coalition emmènent le 23 février des milliers de femmes et d'enfants de jihadistes sortis de Baghouz, le dernier bastion jihadiste du groupe Etat islamique en Syrie, dans des camions pour les déposer au camp de Al Hol à quelques heures de route.  (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

En Syrie, les Forces démocratiques syriennes encerclent toujours les derniers combattants de Daech dans le village de Baghouz. Leur offensive a été ralentie par la présence de civils à l’intérieur de cette dernière enclave. 7 000 personnes, essentiellement des civils, en sont sorties toute la semaine, mais il reste encore à l’intérieur des familles de jihadistes qui ne veulent pas sortir, aux côtés de près d’un millier de combattants du groupe Etat islamique prêts à mourir. Les Forces démocratiques syriennes temporisent et tentent d’obtenir la sortie de ces derniers civils. Vendredi 8 mars, leurs troupes ont célébré la journée mondiale des femmes, qui forment aussi leurs rangs, avec même des Européennes que franceinfo a rencontrées. 

Le reportage d'Aurélien Colly
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Avec sa principale rue éventrée et ses maisons affaissées, Soussa, dernière ville avant Baghouz, a été abandonnée par ses habitants. Ici, les combats ont été particulièrement violents pour repousser Daech dans son dernier réduit. Mais hier on célébrait les femmes, les combattantes kurdes qui ont participé à cette bataille, comme Samaha, la vingtaine, kalachnikov en bandoulière, entourée de son unité composée exclusivement de jeunes femmes. "C’était très long et très dur, ils avaient miné toute la ville. Pour moi, la guerre c’est toujours difficile, ça n’existe pas les combats faciles. Mais c’est comme ça", dit-elle.

Un peu plus loin, plus discrètes, il y a aussi des Européennes. Des volontaires qui ont décidé de venir soutenir les Kurdes. Une Allemande, une Italienne, ou encore une Française qui accepte de se confier, à condition de pouvoir garder l’anonymat. Si elle s’est engagée, "c’est pour soutenir le peuple kurde qui se bat depuis des années et par admiration pour toutes ces femmes qui malgré toutes les blessures qu’elles ont pu avoir, continuent de se battre parce qu’elles croient en leur idéologie, en leur libération", explique-t-elle.

C'est une détermination jusqu'à ce qu'il y ait la libération du peuple et des femmesEva Lasmineà franceinfo

Féministe, internationaliste, celle qui se fait appeler Eva Lasmine vient du sud de la France. Sa famille sait où elle est et ce qu’elle fait. Elle ne participe pas directement aux combats et elle n’est pas venue non plus pour lutter contre le groupe État islamique. "Daech, c’est une voie qui refait ce schéma d’oppression pour les femmes. Du coup pour moi ça n’a pas de sens. Mais c’est aussi intéressant pour moi de savoir que les femmes à la base ne se sentaient pas bien dans ce système, ont cherché une alternative et ont trouvé malheureusement la pire qu’il y ait en ce moment. Et c’est ce constat qui m’a bouleversée, dit-elle, de savoir que c’est des femmes qui ne se sentaient pas bien. Mais on prend totalement une autre voie." Une réalité qui interroge Eva Lasmine qui voudrait maintenant pouvoir discuter avec l’une de ces Françaises ayant rejoint Daech, juste pour comprendre, explique-t-elle.