Lafarge SA convoqué devant les juges pour ses activités en Syrie en vue d'une possible mise en examen

Le cimentier français Lafarge SA, la holding actionnaire de la filiale syrienne mise en cause, avait demandé un report après la démission de son PDG alors que l'audition était à l'origine prévue le 5 juin.

La cimenterie Lafarge de Jalabiya, en Syrie, le 19 février 2018.
La cimenterie Lafarge de Jalabiya, en Syrie, le 19 février 2018. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

L'entreprise Lafarge SA est convoquée, jeudi 28 juin, devant les juges d'instruction en vue d'une possible mise en examen dans l'affaire de financement de terrorisme présumé en Syrie, selon les informations de franceinfo et de France Inter. L'audition était à l'origine prévue le 5 juin, mais Lafarge SA, la holding actionnaire de la filiale syrienne mise en cause, avait demandé un report après la démission de son PDG.

Les aveux de Lafarge SA

Lafarge a reconnu avoir versé 13 millions d'euros à des groupes armés, dont l'organisation État islamique, pour faire tourner son usine de Jalabiya (Syrie) en pleine guerre et au moins jusqu'à sa prise par le groupe terroriste en septembre 2014. Les juges n'excluent pas que les fonds versés par le cimentier à Daech aient pu financer les attentats de 2015 à Paris. En janvier dernier, les magistrats ont accepté que l'association Life for Paris, qui regroupe des victimes du 13-Novembre et leurs proches, soit partie civile dans ce dossier.

Huit cadres ou anciens dirigeants de Lafarge sont déjà mis en examen pour avoir financé des groupes terroristes et/ou pour avoir mis en danger leurs salariés syriens. L'association Sherpa, qui avait porté plainte, demande aux juges d'aller encore plus loin en poursuivant la personne morale Lafarge SA, pour "financement d'une entreprise terroriste" et "complicité de crimes contre l'humanité".