La Turquie prépare une "lutte d'envergure" contre l'Etat islamique en Syrie

Jusqu'à présent, les raids de l'armée turque avaient visé essentiellement la rébellion kurde.

Une photo de positions détruites du groupe Etat islamique dans la province d\'Alep (Syrie), prise depuis la Turquie, le 31 juillet 2015.
Une photo de positions détruites du groupe Etat islamique dans la province d'Alep (Syrie), prise depuis la Turquie, le 31 juillet 2015. (ENSAR OZDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP)

Jusqu'à il y a peu, Ankara s'était montré réticente à accentuer la lutte contre les jihadistes. La Turquie a finalement annoncé, mercredi 5 août, qu'elle allait lancer une "lutte d'envergure" contre le groupe Etat islamique (IE) dans le nord de la Syrie, après avoir bombardé quasi exclusivement des positions kurdes en Irak depuis deux semaines.

Un combat "bientôt" lancé

"Actuellement, avec les Etats-Unis, nous entraînons et équipons l'opposition modérée et nous allons démarrer notre combat contre [l'Etat islamique], bientôt, et de manière efficace", a expliqué le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, lors d'une rencontre avec son homologue américain, John Kerry, en Malaisie.

"Les avions américains ont commencé à arriver" en Turquie, a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions. En juillet, la Turquie avait annoncé qu'elle autoriserait des avions militaires américains à lancer des attaques contre les jihadistes depuis la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie.

Une attaque sur le sol turc attribuée à l'Etat islamique

La position d'Ankara dans la lutte contre le terrorisme a changé après une attaque sanglante attribuée aux jihadistes de l'Etat islamique le 20 juillet, qui a coûté la vie à 32 personnes sur le sol turc, dans le sud du pays, frontalier avec la Syrie.

La Turquie a ensuite lancé le 24 juillet une "guerre contre le terrorisme" visant simultanément le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les combattants de l'Etat islamique dans le nord de la Syrie. Mais, jusqu'à présent, les raids ont visé en très grande majorité la rébellion kurde, ces violences mettant un terme à près de trois années d'accalmie et à un fragile processus de paix.