La Turquie annonce qu'elle s'apprête à expulser 11 jihadistes "d'origine française"

"Les démarches concernant 11 combattants étrangers d'origine française sont en cours", a indiqué, lundi, le ministère de l'Intérieur turc.

L\'entrée de la prison de Sincan, près d\'Ankara (Turquie), le 20 juin 2019.
L'entrée de la prison de Sincan, près d'Ankara (Turquie), le 20 juin 2019. (RASIT AYDOGAN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Ankara a mis sa menace à exécution. La Turquie a commencé, lundi 11 novembre, à expulser des membres étrangers du groupe Etat islamique qu'elle détient. Un ressortissant américain a été "déporté de Turquie" et "les démarches concernant 11 combattants étrangers d'origine française sont en cours", a annoncé le ministère de l'Intérieur turc, sans plus de précisions. Un Allemand et un Danois doivent être expulsés lundi, suivis jeudi par sept autres Allemands.

La chaîne de télévision publique TRT Haber rapporte que l'Etat turc entend expulser quelque 2 500 combattants islamistes, dont une majorité vers des pays de l'Union européenne. Selon elle, 813 jihadistes présumés sont actuellement en attente d'expulsion dans 12 centres de rétention. 

Paris n'en avait "pas connaissance" lundi matin

Le début d'expulsion de jihadistes étrangers à partir de lundi avait été annoncé, vendredi, par le ministre turc de l'Intérieur. "Pas besoin de courir dans tous les sens : nous allons vous renvoyer les membres de l'EI, avait-il clamé. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez." Ankara critique de longue date le refus de ses alliés européens, dont la France, de prendre en charge leurs ressortissants partis se battre en zone irako-syrienne.

Interrogée sur l'imminence d'un retour de jihadistes français, la ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré, lundi matin, n'avoir "pas connaissance, pour le moment, d'un retour précis de terroriste de la part de la Turquie". Sur France Inter, elle a rappelé l'existence d'un "protocole" de rapatriement avec la Turquie, "parce que nous ne voulons pas être confrontés à des retours 'sauvages' de terroristes".