La France a violé les droits des enfants français détenus en Syrie, dénonce un comité de l'ONU

Le comité était saisi par un groupe de ressortissants français dont les petits-enfants, nièces et neveux sont actuellement détenus dans des camps sous le contrôle des forces kurdes.

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Des femmes et des enfants marchent à l'intérieur du camp Roj, où sont détenus des proches de personnes soupçonnées d'appartenir au groupe État islamique, le 28 mars 2021. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

La France pointée du doigt par l'ONU. Paris a violé les droits des enfants français détenus dans des camps en Syrie en omettant de les rapatrier, a affirmé jeudi 24 février un comité de l'ONU, chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l'enfant par ses Etats parties.

Ce comité, composé de 18 experts indépendants, était chargé d'examiner trois requêtes déposées par un groupe de ressortissants français dont les petits-enfants, nièces et neveux sont actuellement détenus dans les camps de Roj, d'Aïn Issa et de Hol, qui sont sous le contrôle des forces kurdes. Les trois cas concernent 49 enfants français, dont les parents auraient collaboré avec le groupe Etat islamique. Certains sont nés en Syrie, tandis que d'autres y ont voyagé avec leurs parents français à un très jeune âge.

Trente-huit enfants toujours détenus

Depuis que les proches ont porté leur cas devant le comité en 2019, le gouvernement français a rapatrié 11 de ces enfants. Les 38 autres victimes, dont certains n'ont que 5 ans, sont toujours détenues dans des camps fermés en zone de guerre.

Le fait que la France n'ait pas rapatrié les enfants porte, selon le comité, "indéniablement atteinte à la protection de leur intérêt supérieur puisqu'il a pour conséquence leur maintien en détention prolongée et indéfinie dans les camps, dans des conditions menaçant leur survie et leur intégrité physique, (...) et où il existe un risque d'endoctrinement".

Un "risque imminent pour leur vie"

Le comité de l'ONU estime que "la France a la responsabilité et le pouvoir de protéger les enfants français dans les camps syriens contre un risque imminent pour leur vie en prenant des mesures pour les rapatrier". Il considère en outre que la détention prolongée des enfants victimes dans des conditions mettant leur vie en danger équivaut également à "des peines ou traitements inhumains et dégradants".

Le comité exhorte la France à prendre des mesures urgentes pour rapatrier les 38 enfants, avec leurs mères, "afin de préserver le milieu familial". Dans l'intervalle, il demande aux autorités françaises "de prendre des mesures supplémentaires pour atténuer les risques pour la vie, la survie et le développement des enfants victimes pendant leur séjour dans le nord-est de la Syrie".

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