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Civils traumatisés par la guerre à Mossoul : "Il y a urgence, les besoins sont énormes", selon MSF

125 000 civils ont fui les combats à Mossoul depuis octobre. Les équipes de santé mentale de MSF dans la région, qui les soignent dans des camps, s'avouent débordées.

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Radio France
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Une enfants irakienne qui a fui les combats dans la région de Mossoul, en Irak, dans un camp de réfugiés, en novembre 2016.  (THOMAS COEX / AFP)

"Les troubles sont de plus en plus sévères. Il y a urgence, les besoins sont énormes", s’alarme Tiphaine Crutel, de Médecins sans frontières dans la région de Mossoul, au nord de l’Irak.

Cette psychologue décrit des patients victimes de stress post-traumatiques très graves, "souffrant de flash-back, de cauchemars, d’hyper-vigilance"

En Irak, la bataille pour reprendre le dernier grand bastion de l'Etat islamique va entrer dans son troisième mois. "Nous avons repris 80 % de l'est de Mossoul et sommes maintenant arrivés au fleuve Tigre", a déclaré mercredi 11 janvier le porte-parole des forces irakiennes.

125 000 habitants de Mossoul ont fui la guerre

La majorité des civils, priés par Bagdad de rester chez eux, se retrouvent pris au piège des combats. Cependant, depuis le début de l’offensive, 125 000 habitants de Mossoul ont malgré tout réussi à fuir. Les ONG les accueillent dans des camps. 

Ces civils ont vécu deux ans sous le joug de l'Etat islamique, assistant à des tortures et des décapitations, entre autres. Certains hommes disent être restés enfermés tous ces mois, paralysés par la peur.

S'ajoutent à cela, les violents combats depuis octobre, les voitures suicides, les tirs de mortiers, les bombardements... L’Etat islamique utilise les civils comme boucliers humains et les familles qui parviennent à fuir arrivent épuisées, après des heures de marche, dans des camps  bondés.

Ces enfants sont victimes de cauchemars et de terreurs nocturnes, mais aussi de régressions du développement

Tiphaine Crutel, psychologue à MSF

à franceinfo

Pami les patients de MSF en Irak, 20% sont des enfants souffrant de stress-post traumatiques, qui "se remettent à faire pipi au lit à un âge très avancé. Ils sont souvent isolés, ou au contraire agressifs avec les autres", ajoute Tiphaine Crutel. 

Les psychologues de MSF traitent, dans les deux principaux camps de déplacés autour de Mossoul, 45 patients par jour. Chaque semaine, les listes d'attente s'allongent.

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