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Ce que révèlent les formulaires d'embauche de l'Etat islamique

Des spécialistes américains ont épluché des formulaires remplis par des aspirants jihadistes souhaitant rejoindre l'autoproclamé califat de l'Etat islamique. 

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France Télévisions
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Un panneau de propagande pour l'Etat islamique, dans une rue de Raqqa, en Syrie, le 2 novembre 2014. (RAQA MEDIA CENTER / AFP)

Ces documents, dûment remplis par les aspirants jihadistes, ont été récupérés sur le terrain par des journalistes de la chaîne américaine NBC, puis analysés par des spécialistes basés aux Etats-Unis. Lundi 18 avril, les chercheurs du Combating terrorism center (CTC) ont publié un premier rapport (lien en anglais) détaillant le contenu des formulaires d'embauche de l'organisation Etat islamique.

Ils ont été remplis, en arabe, par 4 600 volontaires et datent d'une période comprise entre le début de l'année 2013 et fin 2014. Nom, surnom, nom de la mère, groupe sanguin, date de naissance, nationalité, "Par qui avez-vous été recommandé" ou "Avez-vous déjà mené le jihad, et où ?", ou encore "Date et lieu de la mort" (laissé en blanc) : voici ce que ces documents nous apprennent.

Des postulants âgés de 12 à 70 ans

Le plus âgé à avoir rempli le formulaire approche les 70 ans, tandis que le plus jeune en comptait seulement 12. L'âge moyen, lui, est de 26-27 ans. Seuls 400 étaient mineurs à leur entrée sur les terres du califat, proclamé en juin 2014.

70 pays représentés, mais l'Arabie saoudite et la Tunisie en tête

A en croire ces formulaires, les aspirants jihadistes sont venus de 70 pays pour rejoindre en Syrie le groupe Etat islamique (EI). 

La nationalité la plus représentée dans cet échantillon est saoudienne, avec 579 personnes, puis viennent les Tunisiens (559), Marocains (240), Turcs (212), Egyptiens (151) et Russes (141). La liste compte notamment 49 Français, 38 Allemands, 30 Libanais, 26 Britanniques, 11 Australiens, 7 Canadiens, mais aucun Américain.

Surtout des célibataires, plutôt instruits, voire qualifiés

61% des volontaires assure être célibataires, 30% seraient mariés tandis que 8% n'ont pas répondu. En outre, le rapport relève que le niveau moyen d'éducation est plutôt élevé, avec 1 371 d'entre eux assurant être passés par une éducation secondaire, et 1 028 supérieure, soit des niveaux moyens plus élevés que ceux de leurs classes d'âges dans leurs pays d'origine. Par ailleurs, 10% des inscrits assurent avoir une expérience jihadiste.

Les formulaires contiennent aussi les notes prises par les "fonctionnaires" de l'EI, à la recherche de talents particuliers. Ainsi, face à un nom est inscrit : "Important : il a une expérience de chimiste". Sur la fiche d'un autre, un Turc de 24 ans ayant inscrit "vendeur de drogue" dans la case "Profession", on peut lire le commentaire suivant : "Que Dieu nous pardonne !"

L'EI, selon ces données, peine à recruter des kamikazes : 12% affirment être prêts à mener des attentats-suicides. Mais l'organisation "a également besoin de personnel pour remplir des fonctions plus conventionnelles comme soldat, membres de la police religieuse, des services de sécurité ou fonctionnaires", expliquent les rédacteurs du rapport.

Des autorisations de sorties variées

Quelles sont les raisons justifiant un départ du califat auto-proclamé par l'organisation Etat islamique ? Les documents comprennent 431 "fiches de sortie". Les motifs pour quitter les terres du califat vont de "traitement médical" à "raisons familiales", en passant par "parti en Libye pour organiser la création d'un Etat".

Les notes des "fonctionnaires" constituent parfois des évaluations. "A menti", "s'il revient, sera emprisonné", "esprit confus", "ne sait pas faire preuve de patience" ou "réfractaire à la vie militaire et au jihad", sont autant de mentions relevées par les spécialistes qui ont épluché ces formulaires. 

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