Ce que l'on sait des avions de combat de l'Etat islamique

Il s'agit "vraisemblablement d'appareils de type MIG 21 et MIG 23", selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Capture d\'écran d\'une vidéo du groupe Etat islamique montrant un prétendu avion de chasse sur la base d\'Al-Jarrah, près d\'Alep (Syrie).
Capture d'écran d'une vidéo du groupe Etat islamique montrant un prétendu avion de chasse sur la base d'Al-Jarrah, près d'Alep (Syrie). (GROUPE ETAT ISLAMIQUE / REUTERS)

Représentent-ils une véritable menace ou ne sont-ils qu'une simple prise de guerre sans conséquence ? Le groupe Etat islamique (EI) a fait voler trois avions de combat, assure l'Observatoire syrien des droits de l'homme, vendredi 17 octobre. Francetv info détaille ce que l'on sait de ces appareils.

De quel type d'avions s'agit-il ?

Les trois engins sont "vraisemblablement de type MIG 21 et MIG 23", assure l'ONG. Il s'agit appareils de combat de fabrication soviétique, conçus dans les années 1960-1970. Voici des images diffusées par les jihadistes, montrant les prétendus avions de combat.

GROUPE ETAT ISLAMIQUE / REUTERS

Les MIG 21 et MIG 23 ont depuis été produits respectivement à 11 000 et 4 000 exemplaires dans le monde. Le Huffington Post précise qu'ils sont "très répandus" et qu'ils "ont été (ou sont encore) utilisés par les armées des pays de l'Est (Russie, Ukraine, Pologne, etc.), en Algérie, à Cuba, en Inde, mais aussi en Irak et en Syrie."

Comment les jihadistes ont-ils mis la main sur ces engins ?

L'Observatoire syrien des droits de l'homme explique que "ces appareils ont été pris sur les aéroports militaires syriens désormais sous le contrôle de l'EI dans les provinces d'Alep et de Raqqa". Les jihadistes ont récemment conquis trois aéroports du régime de Bachar Al-Assad.

Ces appareils sont-ils opérationnels ?

Une chose est sûre : les avions volent. Des témoins affirment à l'Observatoire syrien des droits de l'homme avoir vu les appareils voler à basse altitude pour ne pas être repérés par les radars. Ils décollent de l'aéroport Al-Jarrah, dans la province d'Alep, au nord de la Syrie.

Les sessions d'entraînement des pilotes seraient supervisées par des officiers de l'ex-armée irakienne de Saddam Hussein, dont de nombreux cadres sunnites ont rejoint les rangs de l'organisation jihadiste.

Faut-il s'inquiéter ?

Tout porte à croire que les trois avions de l'EI ne feraient pas le poids face aux dizaines d'avions dernier cri de la coalition. Les MIG-21 et 23 ont près de cinquante ans. En plus d'être vieux, ils sont sûrement dans un état médiocre. "L'entretien des MIG-21 n'est pas toujours satisfaisant en raison du manque de pièces de rechanges venus de Russie", expliquait un expert à La Tribune, en 2012. Ce n'est pas un hasard si l'Inde a voulu se séparer de ses MIG. "Au cours de ces dernières années, tous les MIG-23 ont été retirés de la flotte en raison de problèmes de fiabilité et de sécurité", ajoutait cet expert.

Par ailleurs, nous ignorons si les trois avions des jihadistes sont armés. Malgré son large réseau d'informateurs à travers la Syrie, l'Observatoire syrien des droits de l'homme n'est pas en mesure de vérifier si les appareils de l'EI sont équipés de missiles utilisables dans des attaques aériennes.

Mais en août, après l'attaque de la base militaire aérienne de Tabqa, qui appartenait au régime de Damas, un compte Twitter affilié à l’EI a diffusé une vidéo montrant des missiles à têtes chercheuses, rappellent Les Echos.