Allemagne : l'auteur de l'attentat-suicide "directement influencé" par une autre personne

Le Syrien, qui s'est fait exploser à Ansbach, dimanche, était en conversation téléphonique juste avant l'attentat, affirment les autorités allemandes, mercredi.

Un quartier d\'Ansbach (Allemagne) est bouclé, le 25 juillet 2016, après l\'attentat-suicide d\'un homme se revendiquant du groupe Etat islamique.
Un quartier d'Ansbach (Allemagne) est bouclé, le 25 juillet 2016, après l'attentat-suicide d'un homme se revendiquant du groupe Etat islamique. (MICHAELA REHLE / REUTERS)

Après l'attentat-suicide en Allemagne, l'enquête progresse. "Il y a eu visiblement un contact direct avec quelqu'un, qui a eu une influence déterminante sur la réalisation de cet attentat", a déclaré le ministre de l'Intérieur bavarois, Joachim Herrmann, mercredi 27 juillet. Un Syrien s'est fait exploser, dimanche, près d'un festival de musique à Ansbach au nom du groupe Etat islamique.

L'exploitation de son téléphone portable, dans lequel a été retrouvée une vidéo le montrant prêtant allégeance à l'EI, a permis d'établir qu'il a eu une "discussion intense" avec une personne indéterminée, qui s'est achevée "directement avant l'attentat", a poursuivi Joachim Herrmann. Il n'a en revanche pas précisé si ce contact avait eu lieu avec un membre du groupe Etat islamique, ni combien de temps il avait duré.

"Un esprit extrême"

L'administration allemande a confirmé par ailleurs l'existence d'une expertise psychologique dans laquelle le jeune homme fait part de son désir de "suicide spectaculaire", notamment après après la mort de sa femme et de leur fils de six mois. Ce rapport a été révélé par le quotidien Bild (en allemand).

Résidant dans un foyer à Ansbach, il avait tenté par deux fois dans le passé de mettre fin à ses jours, et séjourné dans une clinique psychiatrique. Selon ce rapport, le Syrien avait "un esprit extrême", et n'avait plus rien à perdre après la mort de sa famille.

Un passé de jihadiste ?

"Au vu des témoignages et aussi de la conversation la question se pose de savoir s'il a voulu déclencher la bombe à ce moment-là", a souligné Joachim Herrmann, évoquant une possible erreur du Syrien, unique victime d'un attentat qui a fait 15 blessés, dont quatre dans un état grave.

L'auteur de l'attaque, débouté de sa demande d'asile il y a un an, était originaire d'Alep et portait des blessures de guerre. Selon  l'hebdomadaire officiel de l'Etat islamique, il avait à son actif une longue trajectoire jihadiste.