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Nucléaire iranien : "C'est une guerre commerciale potentielle qui vient d'être déclarée à l'Union européenne"

L'historienne Annick Cizel a expliqué, mercredi sur franceinfo, que la décision de Donald Trump de quitter l'accord sur le nucléaire iranien place les investisseurs européens "sous le coup de l'extraterritorialité des lois américaines".

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Le président américain Donald Trump, le 8 mai 2018, après le retrait des États-Unis de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien. (SAUL LOEB / AFP)

La décision de Donald Trump du retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien "est la fracture, y compris transatlantique, que l'on redoutait", a expliqué Annick Cizel, mercredi 9 mai sur franceinfo. L'historienne et professeur des universités à Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis a estimé que "c'est une guerre commerciale potentielle qui vient d'être déclarée à l'Union européenne".

franceinfo : Cette décision est-elle vraiment surprenante ?

Annick Cizel : On aurait pu espérer, il y a quelques mois, que le retrait de l'accord nucléaire iranien se fasse de manière soft et pas sur une ligne aussi dure et aussi non négociable, semble-t-il, malgré quelques timides ouvertures dont on sait très bien que les Iraniens ne les accepteront pas. Les changements récents dans le gouvernement américain signalaient vraiment une inflexion vers une ligne dure, c'est la fracture, y compris transatlantique, que l'on redoutait qui a eu lieu la nuit dernière.

À qui s'adresse Donald Trump ?

Il s'adresse à la base nationaliste conservatrice, à une aile très extrémiste du Parti républicain. Le concept de sécurité nationale est vraiment au cœur de son intervention d'hier soir [mardi]. Les primaires républicaines, pour chacun des postes de représentants de sénateurs, sont en train de se tenir. Donc, on est à la fois dans un dialogue à l’intérieur du Parti républicain et vers l'électorat à venir du mois de novembre.

Pour justifier sa décision, Donald Trump affirme que l'Iran n'a pas tenu ses engagements. C'est un peu comme George W. Bush avec l'Irak ?

Cela nous rappelle complètement la situation en 2003. Il va falloir attendre les réactions du Congrès américain qui n'a pas été associé à la décision présidentielle prononcée hier [mardi]. Le Congrès avait lui-même certifié, sur la base des agences de renseignement américaines, que l'Iran n'était pas sur une ligne rouge et suivait absolument la ligne qui lui était imposée par l'AIEA. Il faut donc suivre dans les jours qui viennent l'entente entre l'exécutif et le législatif.

Les Européens veulent rester dans l'accord. Donald Trump est-il prêt à se fâcher avec ses alliés ?

C'est une guerre commerciale potentielle qui vient d'être déclarée à l'Union européenne, puisque que les sanctions vont bien être appliquées sur tous les investisseurs étrangers en Iran, qui ont entre 90 et 180 jours pour quitter le pays. Tout nouveau contrat sera sanctionné immédiatement, notamment l'industrie aéronautique, donc Airbus. Cela veut dire que tout investisseur européen présent en Iran actuellement va être sous le coup de l'extraterritorialité des lois américaines, des sanctions appliquées en Iran.

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