L'Iran a repris la production d'uranium enrichi à 20%

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui surveillent les activités nucléaires du régime iranien, ont confirmé la mise en œuvre des annonces de Téhéran sur l'enrichissement. L'uranium enrichi pourrait permettre à l'Iran de se doter de l'arme atomique.

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Une photo fournie le 6 novembre 2019 par l'Agence internationale de l'énergie atomique montre l'intérieur du complexe d'enrichissement d'uranium de Fordo, situé à Qom (Iran). (ATOMIC ENERGY ORGANIZATION OF IRAN / AFP)

Une annonce qui jette un froid avec l'Union européenne. L'Iran a enclenché, lundi 4 janvier, le processus destiné à produire de l'uranium enrichi à 20% dans l'usine souterraine de Fordo, en violation de l'accord de Vienne (Autriche) conclu en 2015, censé limiter son programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions internationales affectant le paysL'Iran produisait de l'uranium enrichi à 20% avant la conclusion de cet accord, qui fixe à 3,67% le seuil maximum auquel le pays peut enrichir ce minerai. Accusé par plusieurs pays occidentaux et Israël, son ennemi juré, l'Iran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique.

"Le processus pour produire de l'uranium enrichi à 20% a commencé au complexe d'enrichissement Shahid Alimohammadi (Fordo)", situé à 180 kilomètres au sud de Téhéran, a déclaré le porte-parole Ali Rabii, cité sur le site internet de la télévision d'Etat. Selon lui, le président iranien Hassan Rohani a donné l'ordre "ces derniers jours". Les cascades de centrifugeuses mises en route pour augmenter la teneur de l'uranium en isotope 235 sont rapidement montées en puissance. Sa production est désormais "stable", depuis les premières heures de mardi.

Un enrichissement dénoncé par l'UE

L'enrichissement d'uranium à 20% annoncé par l'Iran "constituerait une entorse considérable à ses engagements nucléaires", dans le cadre de l'Accord de Vienne, "avec de graves conséquences en matière de non-prolifération", a averti lundi l'Union européenne. Une déclaration faite avant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui surveille les activités nucléaires iraniennes, ne confirme les annonces de Téhéran.

Mardi, l'Union européenne a annoncé qu'elle allait "redoubler d'efforts" pour préserver l'accord nucléaire conclu avec Téhéran en 2015. "Nous notons avec une vive inquiétude les mesures prises par l'Iran en vue de commencer l'enrichissement de l'uranium au niveau de 20%. Cette action constituera un écart important par rapport aux engagements nucléaires de l'Iran", a déclaré Peter Stano, le porte-parole du Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères.

"Campagne de chantage nucléaire"

A partir de mai 2019, l'Iran avait déjà commencé à s'affranchir des principaux engagements pris dans le cadre de l'accord de Vienne, destiné à limiter son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales à son encontre. Ce désengagement a commencé un an après le retrait unilatéral des Etats-Unis de cet accord et des sanctions américaines qui ont privé l'Iran des retombées escomptées du pacte.

L'annonce de la reprise de l'enrichissement à 20% intervient à quelques semaines du départ de la Maison Blanche du président américain Donald Trump, qui a mené une campagne de "pression maximale contre l'Iran". "L'enrichissement d'uranium à 20% par l'Iran à Fordo est une tentative claire d'accentuer sa campagne de chantage nucléaire, une tentative qui continuera d'échouer", a jugé lundi le département d'Etat. L'arrivée du président élu Joe Biden fait espérer un sauvetage du pacte.

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