Nucléaire iranien : accord entre l'Iran et l'AIEA sur une feuille de route

Il survient entre Téhéran et l'agence nucléaire onusienne au lendemain de la fin de trois jours d'intenses négociations à Genève entre l'Iran et six puissances mondiales.

Le président iranien, Hassan Rohani, devant le Parlement, à Téhéran (Iran), le 10 novembre 2013.
Le président iranien, Hassan Rohani, devant le Parlement, à Téhéran (Iran), le 10 novembre 2013. (MARYAM RAHMANIAN / NEWSCOM / SIPA)

Les pourparlers ne sont pas bloqués. L'Iran et l'agence nucléaire de l'ONU ont convenu, lundi 11 novembre, d'une feuille de route sur des vérifications d'activités nucléaires iraniennes soupçonnées d'être menées dans un cadre militaire, et non civil. L'Occident maintient la pression sur Téhéran pour obtenir un accord plus large dans la foulée de la percée à Genève.

La feuille de route, conclue à l'occasion de la visite à Téhéran du chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, prévoit une inspection de l'usine de production d'eau lourde d'Arak, à laquelle l'agence onusienne tente d'accéder depuis 2011. En revanche, elle ne mentionne pas celle du site militaire plus controversé de Parchin. 

Importants progrès

Cet accord survient au lendemain de la fin de trois jours d'intenses négociations à Genève entre l'Iran et les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Négociations qui n'ont pas abouti à un accord sur le programme nucléaire iranien, mais qui ont quand même permis d'importants progrès, selon des participants. Elles doivent reprendre le 20 novembre à Genève.

Bloquées depuis des années, les négociations ont été relancées par la politique d'ouverture vers l'Occident du nouveau président iranien, Hassan Rohani. Réputé modéré, il souhaite mettre fin à dix ans de crise sur le nucléaire pour obtenir la levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie de son pays. Mais il a répété dimanche que son pays refusait de céder ses "droits nucléaires dans le cadre des régulations internationales, ce qui inclut l'enrichissement (d'uranium) sur le sol iranien".

Fabius, cible de la presse iranienne

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lui a répondu qu'aucun pays n'avait "un droit établi à enrichir" de l'uranium, ajoutant que l'Iran était responsable de l'absence d'accord.

Son homologue français, Laurent Fabius, accusé par certains d'avoir bloqué les négociations à Genève, a assuré que les grandes puissances étaient "absolument d'accord" sur les termes de la négociation. "Nous ne sommes pas loin d'un accord avec les Iraniens mais nous n'y sommes pas encore", a dit le ministre des Affaires étrangères français, sur lequel la presse iranienne a tiré à boulets rouges. "La France a ruiné son image à Genève", écrit par exemple le quotidien Tehran Times. "M. Fabius, on n'oubliera pas", affirme le quotidien Hafté-Sobh.