Conflit en Irak : "Depuis 2014, il y a 26 journalistes qui ont été tués" dans ce pays

Le secrétaire général de Reporter sans frontières, Christophe Deloire, rappelle que "chaque année, il y a près de 80 journalistes tués dans l’exercice de leur fonction, certains sont sciemment visés".

De la fumée s\'échappe d\'un quartier de l\'ouest de Mossoul (Irak), le 15 juin 2017.
De la fumée s'échappe d'un quartier de l'ouest de Mossoul (Irak), le 15 juin 2017. (ERIK DE CASTRO / REUTERS)

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières a réagi, mardi 20 juin, sur franceinfo à la mort de Stephan Villeneuve, lundi soir à Mossoul, au nord de l'Irak. Le reporter a été victime selon l'Élysée et France Télévisions de l'explosion d'une mine qui a également tué, Bakhtiyar Haddad journaliste irakien, faisant office de fixeur. Deux journalistes français ont également été blessés : Véronique Robert, grièvement touchée et Samuel Forey, choqué. Les deux ont été hospitalisés.

"Chaque année, il y a près de 80 journalistes tués dans l’exercice de leur fonction, certains sont sciemment visés", a rappelé Christophe Deloire. "Depuis 2014, il y a 26 journalistes qui ont été tués en Irak", a-t-i poursuivi. 

franceinfo : Est-ce que vous savez comment va Véronique Robert ?

Christophe Deloire : Elle a été opérée hier (ndlr : lundi 19 juin) sur une base américaine, sur laquelle avait été également emmenée Stéphane Villeneuve qui était encore vivant. C’est là qu’il est mort et c’est là qu’a été emmenée la dépouille de leur fixeur kurde, Bakhtiyar Haddad. Un grand reporter me disait il y a quelques jours, j’en ai assez de voir la liste de mes amis qui meurent s’allonger, notamment dans les conflits. C’est évidemment une grande consternation à nouveau que cette tragédie.

Combien de journalistes meurent chaque année dans l'exercice de leur fonction ?

Chaque année, il y a près de 80 journalistes tués dans l’exercice de leur fonction, certains sont sciemment visés. Dans ce cas semble-t-il, c’est leur passage sur une mine qui a été fatale. Les journalistes accompagnaient les troupes spéciales irakiennes qui tentent de reprendre le centre-ville de Mossoul aux mains de Daech. L’Irak est un pays extrêmement dangereux. Le pays est 158e sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse. Depuis 2014, il y a 26 journalistes qui ont été tués en Irak. Mossoul avait été envahie par l’Etat islamique en 2014. Cela avait créé un trou noir de l’information. Les journalistes avaient été soit expulsés, soit tués, soit pour ceux qui avaient dû rester transformés en propagandistes. Les studios de radio et de télévision avaient été pris en otage par l’Etat islamique, il les avaient transformés en instruments de propagande.

Pour autant, les journalistes doivent-ils continuer à se rendre sur les terrains de conflits comme l'Irak selon vous ?

J’entends parfois qu’il ne faudrait pas couvrir certains conflits au motif que c’est dangereux. Malheureusement, les conflits font partie de la vie de millions de gens sur terre. Ce serait terrible s’il n’y avait pas de témoins et parmi les témoins les plus essentiels, il y a les journalistes. Ceux qui partent ont du courage. Il faut du courage au nom de la liberté et de la nécessité d’informer pour partir à Mossoul.

Christophe Deloire : "Chaque année, il y a près de 80 journalistes tués dans l’exercice de leur fonction, certains sont sciemment visés"
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