Liban: les réfugiées de Syrie victimes d’exploitation et de harcèlement sexuels

Le manque d’aide internationale et les nouvelles conditions d’accueil rendent la vie des réfugiés plus difficile au Liban. Les femmes sont particulièrement concernées. Elles sont notamment exposées à l’exploitation et au harcèlement sexuels, selon un rapport d’Amnesty International.

Des réfugiées syriennes attendent pour recevoir de l\'aide dans un camp de Tripoli au nord du Liban, en novembre 2015.
Des réfugiées syriennes attendent pour recevoir de l'aide dans un camp de Tripoli au nord du Liban, en novembre 2015. (Reuters / Omar Ibrahim)

Ils sont syriens ou palestiniens et ont fuient la guerre en Syrie pour se réfugier au Liban voisin. Plus de 1.200.000 personnes sont installées au pays du Cèdre qui compte 4 millions d’habitants. La plupart des migrants ont un statut de réfugié et reçoivent des allocations alimentaires. Mais ces aides mensuelles sont très fluctuantes. En 2015, par exemple, elles sont passées de 27 à 12 euros par personne faute de financement, souligne le rapport d’Amnesty International (anglais). L’ONU n’a reçu qu’un peu plus de la moitié des fonds requis pour son action au Liban.
  
Plus de la moitié des réfugiés payent un loyer
Les allocations alimentaires se sont finalement stabilisées à 20 euros mensuels par personne, mais c’est encore insuffisant. La vie est très chère au Liban et les réfugiés doivent se débrouiller pour acheter des vivres et payer un logement. Plus de la moitié d’entre eux vit dans des appartements ou des maisons de location.
 
Pas d’argent et un travail au noir
Pour faire face à ces multiples dépenses, les réfugiés tentent de trouver un emploi. Mais le Liban qui fait face à un afflux massif de migrants, qui représente le quart de sa population, vient de durcir son règlement. Les migrants travaillent donc au noir et sont souvent exploités par leur employeur. Pour les femmes, c’est la double peine : elles sont sous-payées et sont victimes de harcèlements sexuels.
 
Exploitation et harcèlement
Selon le rapport d’Amnesty international, 20% des foyers de réfugiés syriens au Liban sont dirigés par des femmes. Elles sont parfois la principale source de revenus de la famille. «Ils savent que nous accepterons même le plus bas salaire parce que nous en avons besoin», témoigne une réfugiée palestinienne venue de Syrie. Beaucoup se retrouvent exposées au harcèlement: «Ma fille a travaillé dans un magasin. Le responsable l’a harcelé et l’a pelotée», raconte une autre réfugiée.

La majorité des réfugiées rencontrées par Amnesty affirment qu’elles n’osent pas porter plainte parce qu'elles n'ont aucun statut légitime et vivent dans la clandestinité.

Que faire ? 
Amnesty international dénonce ces abus et rappelle que le manque d’aide et de fonds internationaux expose les réfugiés, notamment les femmes, à des risques accrus. L’organisation demande avant tout que les pays les plus riches comme ceux de l'Union européenne, les Etats-Unis ou les pays du Golfe augmentent leur aide. Amnesty exhorte aussi les autorités libanaises à alléger les restrictions afin de permettre aux femmes réfugiées de ne pas vivre dans la clandestinité pour pouvoir demander de la protection si nécessaire. 

Elle reconnaît dans le même temps que 1.200.000 réfugiés, c'est une pression énorme sur le Liban et appelle d'autres pays à ouvrir leurs portes parce que «l'accueil des réfugiés est de la responsabilité de tous, pas seulement des pays les plus proches de la Syrie».