Le Liban plongé dans le noir après l'arrêt de centrales électriques privées de carburant

Englué dans une crise inédite, le Liban connaît depuis des mois des rationnements draconiens de courant, pouvant s'étendre sur plus de 22 heures par jour. L'électricité du pays est produite en effet en grande partie par des centrales thermiques au fioul.

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Beyrouth est plongée dans le noir, le 9 octobre 2021, au Liban. (MAHMUT GELDI / ANADOLU AGENCY / AFP)

Blackout total. Le Liban a été plongé dans le noir, samedi 9 octobre, après l'arrêt de l'activité de deux importantes centrales thermiques électriques faute de carburant, a annoncé la compagnie nationale Electricité du Liban (EDL). Ces pauses forcées ont conduit à un "effondrement total du réseau sans aucune possibilité de le restaurer pour le moment", selon l'entreprise. Dimanche, le gouvernement a annoncé un redémarrage partiel des deux centrales, grâce à une aide en gazole fournie par l'armée.

Ces coupures ont paralysé la vie de la population et plusieurs secteurs vitaux. Les gérants de générateurs privés, qui prennent généralement le relais dans ce cas, ont rationné commerces, hôpitaux et foyers, à mesure que le carburant se raréfiait.

Il s'agit de la deuxième panne totale signalée depuis le début du mois. Pour la première, le réseau avait été rétabli quelques jours plus tard. Selon EDL, un pétrolier devait arriver samedi soir et être déchargé en début de semaine prochaine.

Le Liban négocie avec ses voisins

Englué dans une crise inédite, le Liban connaît depuis des mois des rationnements draconiens de courant, pouvant s'étendre sur plus de 22 heures par jour. L'électricité du pays est produite quasi-exclusivement par des centrales thermiques qui fonctionnent au fioul. Or le Liban peine à importer du carburant, sur fond d'une dégringolade historique de la monnaie nationale et d'un assèchement des devises étrangères.

Formé en septembre, le nouveau gouvernement s'est engagé à amorcer des réformes dans le secteur de l'électricité et à rétablir progressivement le courant public. Le Liban négocie avec l'Egypte et la Jordanie l'acheminement de gaz et d'électricité via la Syrie, tandis que le mouvement chiite Hezbollah a annoncé ces dernières semaines plusieurs livraisons de fioul iranien pour pallier les graves pénuries de courant et de carburant. Un accord a également été conclu entre les autorités et l'Irak pour la distribution de pétrole irakien au Liban en contrepartie de services médicaux.

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