Israël dit avoir déjoué une attaque "terroriste" à la frontière avec le Liban

Le mouvement chiite libanais Hezbollah a nié de son côté toute tentative d'incursion et évoqué "des tirs d'artillerie israéliens qui ont duré une heure".

Des fumées venues de la frontière entre Israël et le Liban, le 27 juillet 2020.
Des fumées venues de la frontière entre Israël et le Liban, le 27 juillet 2020. (JALAA MAREY / AFP)

Parole contre parole. L'armée israélienne a indiqué, lundi 27 juillet, avoir déjoué "une tentative d'infiltration d'une cellule terroriste" et ouvert le feu sur des hommes armés, juste après qu'ils ont franchi la frontière nord avec le Liban. Le mouvement chiite libanais Hezbollah, ennemi de l'Etat hébreu et très influent de l'autre côté de la frontière, a réfuté de son côté toute tentative d'incursion.

"Nous avons pu déjouer avec succès une tentative d'infiltration d'une cellule terroriste en Israël", a déclaré à des journalistes le porte-parole de l'armée israélienne Jonathan Conricus, précisant avoir "une confirmation visuelle selon laquelle les terroristes sont retournés au Liban". L'armée israélienne a évoqué un groupe de trois à cinq personnes, munies de fusils, ayant franchi la Ligne bleue séparant Israël du Liban. Dans un communiqué, l'armée dit ne pas savoir si elles avaient été blessées et a précisé qu'il n'y avait pas eu de blessés côté israélien.

"Les forces de l'armée sont en état d'alerte et prêtes à réagir en fonction de la situation", est-il précisé dans ce texte. Les incidents se sont produits "dans la région du Mont Dov", a précisé Jonathan Conricus, en référence à un versant du Mont Hermon revendiqué de longue date par le Liban qui nomme le secteur "fermes de Chebaa" et que l'ONU considère comme faisant partie du plateau du Golan syrien, occupé par Israël depuis 1967.

"Totalement faux"

La chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah a indiqué pour sa part un retour au calme dans le secteur après "des tirs d'artillerie israéliens qui ont duré une heure". "Jusqu'à maintenant la résistance islamique n'a pris part à aucun accrochage, n'a pas ouvert le feu durant les événements du jour", a aussi réagi le Hezbollah dans un communiqué. "Tout ce que les médias ennemis rapportent à propos d'une opération d'infiltration depuis le Liban qui aurait été déjouée (...) est totalement faux", a-t-il ajouté.

Des correspondants de l'AFP de chaque côté de la frontière avaient plus tôt rapporté des explosions. L'un deux a rapporté des dizaines de frappes d'artillerie israéliennes dans un secteur des fermes de Chebaa, près de la position militaire israélienne de Rouaissat al-Alam.

Cette poussée de fièvre intervient quelques jours après des frappes en Syrie imputées à Israël qui ont tué le 20 juillet cinq combattants pro-Iran. Le lendemain, le Hezbollah annonçait la mort d'un de ses combattants, Ali Kamal Mohsen, dans ces raids. Poids lourd de la vie politique libanaise, le Hezbollah est militairement impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar al-Assad, tout comme l'Iran, autre ennemi d'Israël.