VIDEO. À Beyrouth, l'hôpital Geitaoui est ravagé

L'établissement, qui a une capacité de 260 lits, est hors service depuis l'explosion du 4 août, dont l'impact a été filmé par les caméras de vidéosurveillance.

BRUT

L'entrée dévastée, les bureaux administratifs détruits. C'est le triste spectacle qu'offre l'hôpital Geitaoui, à Beyrouth. L'établissement est hors service depuis l'explosion du 4 août, dont l'impact a pu être filmé par les caméras de vidéosurveillance.

"On a dû réfléchir vite"

"L'unité Covid, qui était un bâtiment séparé de l'hôpital pour des raisons de sécurité, a été soufflée. Il y avait des patients à l'intérieur le jour de l'explosion. On a dû réfléchir vite pour pouvoir les transférer dans des conditions de sécurité", raconte Naji Abi-Rached, directeur médical de l'hôpital.

L'explosion a eu lieu à 18h07. "Quelques minutes après, les responsables et les fonctionnaires étaient encore à leur bureau. On aurait pu avoir des dizaines de blessés, des gens auraient été atteints par l'explosion massive", réalise le directeur.

La plupart des chambres sont inutilisables

L'hôpital, déjà fragilisé par la crise économique que traverse le Liban, doit donc aujourd'hui faire face à de nouvelles difficultés. La plupart des chambres sont pour le moment inutilisables. "On a pu en récupérer trois, les moins endommagées, pour nos patients les plus urgents", détaille Naji Abi-Rached.

Mais la plus grande perte, c'est l'unité high-tech. "Elle a été récemment refaite, avec tous les moyens de surveillance les plus modernes. Elle est complètement soufflée, maintenant", s'attriste le directeur, qui décrit "un spectacle désolant" pour ce centre universitaire, qui a d'ordinaire une capacité de 260 lits.

La capacité d'accueil globale à Beyrouth a été baissée de moitié

Toutefois, les équipes ne désespèrent pas. "Nous avons un mental très solide, nous avons les capacités humaines de travailler, nous voulons récupérer, nous voulons renaître et nous ne voulons pas abandonner face à cette désolation. C'est notre état d'esprit. Par contre, nous avons besoin de moyens pour le faire."

Depuis l'explosion, la capacité d'accueil globale à Beyrouth a été baissée de moitié. D'autant que le secteur hospitalier est lourdement atteint par la crise financière qui sévit au Liban depuis un an. "En plus de la montée du Covid, les choses ne se sont pas arrangées. Et ce désastre, cette explosion sont venus sonner le glas de nos capacités de résistance", constate Naji Abi-Rached.

Plus de 10 jours après l'explosion, la moitié des hôpitaux de Beyrouth sont encore hors service, selon l'OMS. Le directeur de l'hôpital Geitaoui est lucide : "Nous manquons de moyens et nous ferons face bientôt à une catastrophe humanitaire si jamais les choses ne s'arrangent pas vite."

VIDEO. À Beyrouth, l\'hôpital Geitaoui est ravagé
VIDEO. À Beyrouth, l'hôpital Geitaoui est ravagé (BRUT)