Manifestations à Beyrouth : "Il fallait une étincelle pour relancer la révolution et en réalité, il y a eu une explosion", explique un journaliste vivant au Liban

Plusieurs milliers de Libanais se sont rassemblés samedi à Beyrouth pour dénoncer les dirigeants du pays qu'ils tiennent pour responsables des terribles explosions survenues dans le port il y a quatre jours.

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Radio France
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Des milliers de Libanais se sont rassemblés samedi 8 août à Beyrouth pour crier leur colère après la double explosion qui a ravagé la capitale Libanaise mardi et coûté la vie à près de 160 personnes. (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)

"Il fallait une étincelle pour relancer la révolution et en réalité il y a eu une explosion", a relaté sur franceinfo samedi 8 août Arthur Sarradin, journaliste et réalisateur indépendant qui habite Beyrouth depuis un an, alors que des affrontements entre manifestants anti-gouvernement et policiers ont eu lieu samedi soir dans la capitale. 

>> "Le peuple veut la chute du régime" : des milliers de personnes manifestent contre le gouvernement après les explosions à Beyrouth

Quatre jours après les explosions dans le port de Beyrouth, des manifestants ont pris d'assaut samedi soir plusieurs ministères avant d'en être délogés. Un policier est mort et une soixantaine de manifestants ont été hospitalisés. "Le mot d'ordre n'est plus le même que celui qui avait guidé la révolution d'octobre, explique le journaliste. À l'époque, c'était 'la révolution pacifique', aujourd'hui c'est 'la révolution ou la potence'"

Très rapidement, des policiers ont commencé à attaquer la place des Martyrs en inondant la manifestation de gaz lacrymogènes. Mais les manifestants sont restés ce qui a pu mener à des affrontements violents.

Arthur Sarradin, journaliste

à franceinfo

En réponse à la contestation populaire, le Premier ministre libanais a annoncé la tenue d'élections législatives anticipées. Une décision qui ne fait pas l'unanimité parmi les manifestants, explique Arthur Sarradin : "Des élections anticipées c'est, d'une part, la possibilité dans une période de crise pour un politicien de faire du clientélisme. D'autre part, si les élections ne sont pas surveillées par des organismes internationaux, c'est la porte ouverte à toutes les tricheries qui ont déjà eu lieu dans les dernières élections."

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