Explosions à Beyrouth : affrontements entre des manifestants et la police lors d'un rassemblement en hommage aux victimes, une semaine après le drame

Le bilan de la catastrophe a par ailleurs été revu à la hausse par le ministère de la Santé, qui estime désormais qu'elle a fait 171 morts et plus de 6 000 blessés. 

Des manifestants protestent après la double explosion qui a ravagé le port de Beyrouth, au Liban, le 11 août 2020.
Des manifestants protestent après la double explosion qui a ravagé le port de Beyrouth, au Liban, le 11 août 2020. (THAIER AL-SUDANI / REUTERS)

Beyrouth a rendu hommage à ses morts. A 18h08, mardi 11 août, une semaine après la double explosion qui a dévasté le port de la capitale libanaise, les cloches des églises ont retenti et les appels à la prière dans les mosquées ont été lancés.

A l'entrée du port, plusieurs centaines de personnes, pour la plupart vêtues de blanc, se sont rassemblées. Brandissant des pancartes affichant chacune le nom d'une victime, sa nationalité et un cèdre vert, emblème du Liban, elles se sont mises au garde-à-vous à l'heure exacte à laquelle s'est produite l'explosion qui a soufflé des quartiers entiers. Certains pleuraient, d'autres retenaient à grand-peine leurs larmes, rapporte un journaliste de l'AFP présent sur place.

Des manifestants protestent le 11 août 2020 à Beyrouth, une semaine après la double explosion qui a en partie détruite la capitale libanaise.
Des manifestants protestent le 11 août 2020 à Beyrouth, une semaine après la double explosion qui a en partie détruite la capitale libanaise. (HANNAH MCKAY / REUTERS)

Des images de l'explosion et de scènes de panique suscitées dans les quartiers proches du port, transformés en champs de ruines chancelantes, ont été diffusées sur un écran géant. 

Le bilan revu à la hausse

Pour la quatrième nuit consécutive, les heurts ont repris entre des dizaines de manifestants et les forces de l'ordre près du siège du Parlement à Beyrouth. Des dizaines de manifestants ont tenté de défoncer des barricades en y mettant parfois le feu. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, comme tous les soirs depuis samedi. Dix blessés ont été transférés vers des hôpitaux et 32 ont été soignés sur place, selon la Croix-Rouge libanaise.

Le bilan de la catastrophe a par ailleurs été revu à la hausse mardi, par le ministère de la Santé, qui estime désormais qu'elle a fait 171 morts et plus de 6 000 blessés. Un précédent bilan faisait état de 160 morts. Par ailleurs, près de 300 000 habitants sont désormais sans abri.

La déflagration a été provoquée par un incendie dans un entrepôt du port où étaient stockées 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium.