Explosion dans le port de Beyrouth : le juge chargé de l'enquête cible de menaces et de pressions

Plus d’un an après l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth au Liban, l'enquête patine.

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Radio France
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Un bâtiment décimé par la double explosion au port de Beyrouth au Liban, le 4 août 2020. (ELIZABETH FITT / MAXPPP)

La double explosion au port de Beyrouth au Liban, le 4 août 2020, a fait 214 morts, 6 500 blessés et 350 000 sinistrés ont perdu leur logement. Pourtant, plus d'un an après cette tragédie, aucun responsable politique ou sécuritaire n'a été auditionné. Le juge Tarek Bitar est chargé de l’enquête. Il a succédé à Fadi Sawan qui a été dessaisi le jeudi 18 février par la Cour de cassation libanaise. Cette décision avait été dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme notamment. 

Comme son prédécesseur, le juge Bitar doit faire faire à des pressions sans pareil. Il a été dernièrement menacé par le Hezbollah. Selon la presse libanaise, le parti islamiste proche de l'Iran et de la Syrie, lui a écrit le message suivant : "Nous pourrions te déboulonner..." Lynn Maalouf, responsable d'Amnesty International au Liban salue "le courage incroyable" du juge Bitar. "Plus il avance sur les responsabilités autour de cette explosion, plus les réactions deviennent agressives"

Aux menaces s'ajoutent les pressions, obstacles et le mépris des responsables politiques libanais

Aucun de ceux qui ont été convoqués pour être entendus, n'ont daigné se présenter. Un ministre en poste lors de l'explosion meurtrière a quitté le Liban pour éviter une audition, trois députés ont brandi leur immunité pour, là encore, se défiler. La responsable d'Amnesty International déplore une culture de l'impunité au mépris des victimes et qui peut aller très loin : "On a un historique d'assassinats ciblés, des politiciens, des intellectuels, de journalistes. Donc, dans cet environnement oui, ça fait peur pour le juge Bitar. Oui il met sa vie en danger". 

Comme des dizaines d'autres organisations de défense des droits de l'Homme, comme des centaines de proches de victimes de l'explosion du 4 août 2020, Amnesty International réclame une fois de plus une enquête internationale sous l'égide de l'ONU.

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