Les Américains souhaitent interroger les trois femmes de Ben Laden retenues au Pakistan

Mais Islamabad a souligné mardi n'avoir toujours pas reçu de requête formelle des Etats-Unis en ce sens, une semaine après le raid américain contre Ben Laden au Pakistan.La tension restait vive, mardi, entre les deux pays. Washington soupçonne Islamabad de complicités avec Ben Laden. Islamabad dément et s'indigne de n'avoir pas été prévenu du raid.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari et le président américain Barack Obama, à la Maison Blanche. Janvier 2010.
Le président pakistanais Asif Ali Zardari et le président américain Barack Obama, à la Maison Blanche. Janvier 2010. (AFP - Mandel NGAN)

Mais Islamabad a souligné mardi n'avoir toujours pas reçu de requête formelle des Etats-Unis en ce sens, une semaine après le raid américain contre Ben Laden au Pakistan.

La tension restait vive, mardi, entre les deux pays. Washington soupçonne Islamabad de complicités avec Ben Laden. Islamabad dément et s'indigne de n'avoir pas été prévenu du raid.

Les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils souhaitaient interroger les trois femmes d'Oussama ben Laden. Les Américains, qui ont saisi une masse de documents dans sa dernière résidence, aimeraient retracer les déplacements du chef d'Al Qaïda et mettre au jour les réseaux dont il a pu bénéficier à travers le monde.

"Pour l'instant, aucune décision n'a été prise" d'autoriser ou non l'accès aux épouses de Ben Laden pour les enquêteurs américains, a indiqué à l'AFP un haut responsable militaire pakistanais. "La famille est soignée, ils sont en détention provisoire", a-t-il ajouté.

Selon des responsables de la sécurité pakistanaise qui ont requis l'anonymat, la plus jeune des trois épouses, la yéménite Amal Ahmed Abdulfattah, 29 ans, blessée d'une balle dans la jambe lors de l'assaut, a assuré aux enquêteurs pakistanais que Ben Laden et sa famille vivaient dans cette villa de la ville-garnison d'Abbottabad depuis cinq ans.

L'aide financière des USA au Pakistan remise en cause
A Washington, beaucoup s'interrogent justement sur une éventuelle complicité de membres des services secrets pakistanais avec Oussama ben Laden, qui a pu vivre si longtemps près d'Islamabad sans être débusqué.

Ces doutes ont conduit des parlementaires américains à exiger un réexamen de l'aide financière fournie par les Etats-Unis au Pakistan, qui se chiffre en milliards de dollars chaque année. Une manne censée récompenser la coopération d'Islamabad contre le terrorisme, qui est cruciale pour l'économie pakistanaise en berne.

Le Premier ministre pakistanais a rejeté les accusations "absurdes" sur d'éventuelles complicités officielles avec Ben Laden et accusé les Etats-Unis "d'unilatéralisme". Après quoi Washington a refusé de s'excuser pour le raid effectué sur le sol de son allié.

La "pire crise" entre Islamabad et Washington
Pour Michael O'Hanlon, de la Brookings institution, le coup de chaud actuel est "probablement" la pire crise entre les deux alliés depuis 2001.

Pour autant, l'administration de Barack Obama prend soin de ne pas accuser directement le Pakistan d'avoir offert un refuge à Oussama ben Laden. "Nous pensons qu'il est très important d'entretenir une relation de coopération avec le Pakistan , précisément parce qu'il en va de notre intérêt national en matière de sécurité", a déclaré lundi Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche.

Pour le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, les pays occidentaux n'ont de toute façon pas le choix. "Si l'on veut garantir la paix et la stabilité à long terme de l'Afghanistan et au-delà, alors nous avons besoin d'une relation positive avec le Pakistan", a-t-il souligné lundi.

Oussama Ben Laden a été tué dans la nuit du 1er au 2 mai par un commando américain à Abbottabad (Pakistan), après quasiment dix ans de traque depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.