Le FLN, parti présidentiel, remporte les législatives en Algérie

Le Front de libération nationale a obtenu 220 des 462 sièges au Parlement algérien, selon les résultats officiels des élections législatives de jeudi 10 mai.

Dépouillement des législatives dans un bureau de vote, le 10 mai 2012 à Alger.
Dépouillement des législatives dans un bureau de vote, le 10 mai 2012 à Alger. (FAROUK BATICHE / AFP)

Le Front de libération nationale (FLN), le parti présidentiel, a obtenu 220 des 462 sièges au Parlement algérien, selon les résultats officiels des élections législatives de jeudi 10 mai. Les islamistes, qui accusent le pouvoir de manipulation, ont subi un revers, arrivant 3e, avec 59 sièges. Le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, décroche la 2e place, avec 68 sièges. 

Le FLN a amélioré sa performance passant de 136 à 220 sièges, dont 68 femmes, tandis que son allié Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia a remporté six sièges supplémentaires, dont 23 femmes. Le nombre de sièges dans la nouvelle assemblée a été porté à 462 sièges, contre 389 auparavant. Fait notable, elle comptera 145 femmes contre 30 dans la précédente.

Les islamistes ne rassemblent pas

Ces deux partis sont coalisés depuis 2004 dans une Alliance présidentielle que le parti islamiste Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) avait quitté en janvier pour former l'Alliance de l'Algérie Verte (AVV) avec deux autres formations islamistes Al-Islah (Réforme) et Ennhada (Renaissance).

Ces sept derniers mois, les partis islamistes ont accédé au pouvoir par la voie des urnes après avoir remporté les élections en Tunisie, pays ayant initié en janvier 2011 le Printemps arabe, puis au Maroc et en Egypte. Mais en Algérie, l'ensemble de six des sept formations islamistes en lice, dont l'AVV, n'ont récolté que 59 sièges.

L'AVV a dénoncé dans un communiqué avant l'annonce des résultats "une grande manipulation" du scrutin et une "exagération illogique" des chiffres rendus publics "en faveur des partis de l'administration". Cette "pratique" risque d'"expose(r) le peuple à des dangers dont nous n'assumons pas la responsabilité", a ajouté l'AVV, qui a l'intention de déposer des recours auprès du Conseil Constitutionnel.

"Vote refuge"

"Le peuple en 1991 a voté une sanction contre le FLN, en 2012 c'est un vote refuge en faveur du FLN", a déclaré le ministre. Il faisait allusion à la victoire promise au Front Islamique du Salut (FIS) aux élections de 1991 si elles n'avaient pas été interrompues par les militaires. Le pays a ensuite basculé dans une guerre civile qui a fait près de 200.000 morts.

Le taux de participation au scrutin de jeudi a été revu légèrement à la baisse à 42,36% des 21 millions d'électeurs, contre 42,9% annoncés jeudi soir. Ce taux avait atteint 35,67% en 2007.