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L'armée syrienne a bouclé un village près de la frontière turque où les Syriens fuyant la répression s'approvisionnaient

Le village de Bdama est presque désert, alors que les forces de sécurité contrôlent les routes qui y mènent et y contrôle l'identité des personnes qui d'y rendent, selon des témoins cités par l'AFP.Plus de 10.000 Syriens sont réfugiés en Turquie et des milliers d'autres sont massés à la frontière, tentant de fuir.
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Des réfugiés syriens attendent leur transfert dans un camp de réfugiés, près du village turc de Guvecci (15 juin 2011) (AFP / Mustafa Ozer)

Le village de Bdama est presque désert, alors que les forces de sécurité contrôlent les routes qui y mènent et y contrôle l'identité des personnes qui d'y rendent, selon des témoins cités par l'AFP.

Plus de 10.000 Syriens sont réfugiés en Turquie et des milliers d'autres sont massés à la frontière, tentant de fuir.

"Ils ont fermé la seule boulangerie du village. On ne peut plus trouver de pain... J'ai vu les soldats tirer sur le propriétaire de la boulangerie. Il a été touché à la poitrine et à une jambe", a raconté à l'AFP Raka El-Abdou, un Syrien âgé de 23 ans.

Il a précisé qu'il avait fui Bdama samedi, mais qu'il y était retourné dimanche, utilisant des chemins à travers la montagne, et qu'il a trouvé le village presque vide. "L'armée contrôle toutes les entrées du village et vérifie les identités, pour arrêter les contestataires", a-t-il ajouté.

Un militant syrien avait indiqué samedi que l'armée, venue à bord d'au moins six chars et 15 transports de troupes, était entrée dans Bdama, élargissant ses opérations de ratissage dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie.

Un autre témoin, Hamid, 26 ans, a déclaré qu'il avait fui Bdama samedi avec sa famille après que les soldats ont commencé à tirer à l'aveugle dans le village.

"Hier (samedi), ils ont déversé du carburant et mis le feu aux montagnes, pour empêcher les gens de fuir", a-t-il ajouté.

Selon son ami Samir, les habitants de Bdama ont commencé à quitter le village il y a plusieurs jours, lorsque des miliciens et des agents du renseignement syriens y sont entrés en tirant en l'air. "Seules 1.000 personnes étaient restées et elles ont fui hier" (samedi), a-t-il dit. "Ceux qui sont restés sont ceux qui travaillent pour le régime", selon lui.

Bdama se trouve à environ 5 km de la frontière turque et 10 km de Jis al-Choughour où les forces de sécurité syriennes se sont livrées à une répression féroce la semaine dernière, provoquant la fuite des habitants de la ville.

Rassemblements pour les obsèques des victimes de vendredi
Quelque 70.000 personnes en colère ont participé samedi à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, aux funérailles de deux manifestants tués la veille, a déclaré à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel Rahmane. "L'ambiance était à la colère et les gens scandaient des slogans contre le régime", a-t-il expliqué.

Des milliers de personnes ont participé à des obsèques à Homs (centre) où cinq personnes ont été tuées. Des funérailles d'une autre victime ont également eu lieu à Douma, à 15 km au nord de Damas. Les personnes qui y assistaient ont observé un sit-in devant la mosquée principale de la ville, selon Rami Abdel Rahmane.

Selon l'Observatoire, 1.309 civils et 341 membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars, violemment réprimé par les forces de sécurité du régime du président Bachar el-Asad.

19 personnes ont été tuées lors des manifesations de vendredi, selon les Comités locaux de Coordination, une ONG syrienne qui chapeaute les militants organisant les manifestations.

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