Témoignage "Nétanyahou est faible" : la colère du père de Shani Louk, cette jeune Israélienne tuée le 7 octobre par le Hamas

Le visage de la jeune fille avait fait le tour du monde. Depuis, son père se bat pour libérer les autres otages et rendre Israël plus sûr. Il demande notamment le départ de Benyamin Nétanyahou.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Nissim Louk, le papa de Shani Louk, veut libérer Israël de Benyamin Netanyahou. (THIBAULT LEFEVRE / RADIO FRANCE)

Benyamin Nétanyahou, seul contre tous ? Au cœur des critiques d'une partie de la population israélienne depuis plusieurs mois, bien avant les attentats du 7 octobre, le Premier ministre semble de plus en plus isolé : il critique par exemple également son armée, responsable selon lui du fiasco sécuritaire des attaques du Hamas sur des kibboutz ; ou récemment, il a critiqué son allié américain, qui ne lui fournirait pas assez de bombes, selon lui.

Enfin, il y a les familles d’otages ou d’anciens otages qui ne veulent plus lui parler : c’est le cas de Nissim Louk, le père de Shani Louk, cette jeune femme israélo-allemande morte le 7 octobre. La vidéo du corps de sa fille à l'arrière d'un pick-up a fait le tour du monde. Sa dépouille a finalement été retrouvée dans un tunnel de Gaza, il y a un peu plus d'un mois. Shani Louk a ensuite été enterrée. "Pour nous, la boucle est bouclée. Mais il y a encore 120 otages, toujours à Gaza", déplore Nissim Louk. 

"Je n'ai pas besoin de ce genre de cirque"

Quand le cabinet du Premier ministre l'a appelé mardi 18 juin pour l'inviter, il a décliné, sans hésiter. "Le but de cet appel était de nous convier avec les courageux soldats qui ont trouvé le corps de Shani et puis de faire de cette rencontre une sorte de parade. Je les ai déjà rencontrés, ces soldats. Chez moi. Ces courageux soldats. Des jeunes gens très sympathiques. On les a serrés dans nos bras. Je n'ai pas besoin de ce genre de cirque", explique-t-il.

Nissim Louk avait déjà refusé la présence de ministres qui voulaient absolument prendre la parole aux funérailles de sa fille. Le gouvernement actuel n'a, à ses yeux, plus aucun crédit.

"Nous avons nourri le monstre"

"Nétanyahou est faible. Il est Premier ministre depuis près de 20 ans. Quand tu es faible pendant 20 ans, c'est que tu es responsable. Une semaine avant l'attaque, notre gouvernement nous a dit de ne pas nous inquiéter avec le Hamas, qu'il le contrôlait avec les sacs d'argent qu'il leur donnait. Nous avons nourri le monstre et on se rappellera toujours que le massacre du 7 octobre est lié à Nétanyahou. Quand je pense à la guerre de Kippour, on pense à Golda Meir...", assure Nissim Louk.

"Pour toujours, le 7 octobre sera attribué à Benyamin Nétanyahou"

Nissim Louk, le papa de Shani Louk

à franceinfo

Le deuil est passé. L'heure est désormais aux combats : "On est bien, on est fort", dit-il. Et Nissim Louk s'est donné pour mission, dit-il, de militer jusqu'à la fin de sa vie pour qu'Israël redevienne un pays sûr. Ça passe évidemment pour lui par le départ de Benyamin Nétanyahou.

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