"Les gens sont devenus des morts-vivants" : 250 000 personnes visées par un ordre d'évacuation dans le sud de la bande de Gaza

Un ordre d'évacuation a été émis lundi, après des tirs de roquettes vers Israël.
Article rédigé par Thibault Lefèvre
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Des résidents palestiniens inspectent les bâtiments détruits à la suite d’une attaque israélienne, à Gaza, le 3 juin 2024. (ASHRAF AMRA / ANADOLU)

L’armée israélienne continue à bombarder la bande de Gaza. Les combats se poursuivent dans le nord autour de Chadjaya et dans le sud à Rafah, alors que des milliers de déplacés continuent à fuir l’est de Rafah et de Khan Younes. Environ 250 000 personnes, selon l'ONU, sont visées par l'ordre d'évacuation émis lundi 1er juillet, après des tirs de roquettes vers Israël.

Il fait chaud, des familles entières marchent lentement dans la poussière, au milieu des débris. L'eau et la nourriture manquent. Nabil vit au nord de Rafah et de Khan Younes et depuis lundi après-midi, il voit arriver un flot ininterrompu de déplacés : "Des habitants qui ont essayé de reconstruire leur maison sur les décombres et d'un seul coup, ils reçoivent des tracts : 'Évacuez Khan Younes'. Les gens sont devenus des morts-vivants."

"Il n'y a pas de destination sûre"

Des morts-vivants toujours sous les bombes. Selon plusieurs déclarations d'officiels israéliens, la guerre à Gaza doit entrer dans une nouvelle phase, avec des attaques moins intenses et plus ciblées. Pour Louise Wateridge, porte-parole de l'UNRWA, on en est encore loin. Elle est dans l'enclave depuis une semaine : "Les bombardements sont, pour le moment, extrêmement intenses et les gens qui subissent les ordres d'évacuation et ces déplacements forcés font encore plus peur. C'est très difficile de savoir où aller quand il y a des combats en cours pas très loin. Il n'y a pas de destination sûre."

Même les établissements de santé peuvent être des cibles. L'hôpital européen de Khan Younes n'est pas dans la zone à évacuer. Et pourtant, les patients et le personnel médical ont décidé de s'enfuir par précaution en attendant une nouvelle opération militaire qui semble inéluctable.

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