Reportage "C'est horrible ou juste terrible, ça dépend des jours" : le cauchemar des familles d'otages retenus par le Hamas, six mois après l'attaque du 7 octobre

Quasiment six mois après l'attaque du Hamas qui a coûté la vie à 1 170 victimes, 130 otages sont toujours retenus à Gaza, selon un décompte de l'armée israélienne et 96 d'entre eux seraient encore vivants. franceinfo a rencontré un Israélien dont la cousine est toujours retenue en captivité.
Article rédigé par Thibault Lefèvre
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Une femme, le 27 janvier 2024, brandissant le portrait de Carmel Gat, otage du Hamas. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Dans quelques jours, cela fera six mois que s'est déroulé l'attaque du 7 octobre par le Hamas. Si l'attaque a coûté la vie à plus d'un millier de personnes, 130 otages, dont 96 seraient encore vivants, sont encore retenus par le Hamas à Gaza d'après l'armée israélienne. Parmi ces otages, Carmel Gat, 39 ans, une des 19 femmes captives. Sa famille est à bout et notamment son cousin, Guile Dickman, que franceinfo a rencontré.

L'interview il y a une dizaine de jours dans le New York Times d'Amit Soussana, la première et unique otage à avoir publiquement confié avoir subi des violences sexuelles à Gaza, a été un électrochoc pour Guile. "Comment tu te sentirais si tu avais une cousine dans les mains d'une organisation terroriste et que tu lisais qu'une femme avait subi ce genre de choses ? L'imagination va très loin. On sait que dans les premiers jours, elle et d'autres otages ont été surveillés par un garde qu'ils ont décrit comme 'vicieux'. Mais on ne sait pas vraiment ce que ca signifie et ce qui est en train de se passer", confesse Guile Dickman. 

Nétanyahou supplié de négocier avec le Hamas

L'homme ne va pas bien, "c'est horrible ou juste terrible, ca dépend des jours", lâche-t-il. Et le triste anniversaire des six mois du 7-Octobre n'a pour lui aucun sens. "Chaque jour est important, six mois c'est juste un chiffre", lâche-t-il. "Je pensais que ca allait prendre des années pour libérer des otages, mais maintenant je sais que c'est possible parce que c'est arrivé. La trêve pendant la dernière semaine de novembre nous l'a prouvé. Passer un accord entre le Hamas et Israël, c'est possible".

"Arrêtez de perdre du temps et faites-le. Signez un accord, ramenez les otages à la maison et nous pourrons reconstruire nos vie parce que nous sommes en plein cauchemar"

Guile Dickman, cousin d'une otage du Hamas

à franceinfo

Le message est adressé à Benyamin Nétanyahou, pourtant accusé par de nombreuses familles d'otages de refuser la négociation pour continuer la guerre et se maintenir au pouvoir. "Je veux vraiment croire en lui parce que nous n'avons pas d'autre Premier ministre. Nous avons un gouvernement, il est responsable de ce qui s'est passé le 7 octobre pour ma cousine Carmel et pour toutes les personnes qui ont été enlevées, alors on s'adresse à eux. Et on ne veut pas croire qu'il y a quelque chose de plus important sur leur agenda en ce moment que de ramener les otages vivants". 

113 otages ont été libérés depuis le 7 octobre, trois seulement par la force, tous les autres suite à des négociations. 

Le témoignage d'un proche d'otage du Hamas - Propos recueillis par Thibault Lefèvre

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