Obsèques de la journaliste d'Al-Jazeera : "Des raisons de sécurité ne peuvent justifier ce qui s'est passé", dénonce l'Eglise catholique en Terre sainte

Les images de la police israélienne chargeant les porteurs du cercueil de Shirin Abou Aqleh ont choqué l'ensemble des représentants des églises chrétiennes réunies ce lundi à Jérusalem.

Article rédigé par
Frédéric Métézeau - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le chef de l'Eglise catholique en Terre sainte, Pierbattista Pizzaballa (troisième en partant de la gauche), lors d'une conférence de presse à Jérusalem, lundi 16 mai 2022. (AHMAD GHARABLI / AFP)

L'enquête sur la mort de la journaliste Shireen Abou Aqleh, tuée par balle lors d'un raid isarélien en Cisjordanie le 11 mai, n'a pas progressé mais les violences qui ont eu lieu lors de son enterrement continuent de susciter l'indignation. La direction de l'hôpital Saint-Joseph de Jerusalem a rediffusé, lundi 16 mai lors d'une conférence de presse, les images du cercueil qui manque de tomber à terre. Puis dévoilé les enregistrements des caméras de vidéosurveillance montrant les policiers qui chargent dans l'hôpital. À l'issue de ce visionnage, les représentants des églises chrétiennes, tous présents, ont dénoncé l'intervention policière.

Ces scènes sont inadmissibles pour Mgr Pierbattista Pizzabala, le chef de l'Église catholique en Terre sainte : "Nous dénonçons et nous condamnons. Nous prions pour la liberté de religion, notamment la célébration des funérailles. C'est le dernier moment important de la vie d'une personne. Des raisons de sécurité ne peuvent justifier ce qui s'est passé."

Des participants "calmes et dignes"

La police israélienne affirme de son côté qu'elle a été attaquée et qu'elle avait préparé les obsèques de Shireen Abou Aqleh avec la famille de la défunte. Une version démentie par le frère de la journaliste et par le diplomate français Luc Pareydt, conseiller aux affaires religieuses au consulat général de France, qui était présent sur les lieux vendredi. Il n'a senti aucune bonne volonté du côté israélien : "On leur a demandé à ce qu'ils puissent contribuer à la dignité et au calme. Et la réponse a été celle que nous connaissons."

"Le représentant de l'Union européenne, le consul général de France et moi-même avons discuté devant la porte de l'hôpital quelques instants avant que l'agression ait lieu, nous avons essayé de calmer le jeu au maximum."

Luc Pareydt, diplomate français

à franceinfo

"J'ai constaté combien la situation était calme et digne, du côté des participants aux funérailles, ajoute le diplomate. Les jeunes musulmans palestiniens, les jeunes chrétiens palestiniens se sont unis dans un moment de prière spontané. Et c'est pour ça que nous parlons aussi de consternation." La direction de l'hôpital envisage de porter plainte contre la police israélienne. 

La France, les Etats-Unis et l'Union européenne ont condamné le meurtre de Shireen Abou Aqleh et exigé le lancement d'une enquête indépendante pour déterminer les circonstances dans lesquelles la journaliste américano-palestinienne a été abattue. Sous impulsion américaine, le conseil de sécurité de l'ONU a également voté une résolution en ce sens, sans condamner pour autant les heurts de vendredi.

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