Le président de l'Autorité palestinienne présente des excuses pour ses propos sur les juifs

Mahmoud Abbas est revenu, vendredi, sur les propos tenus lors d'un discours où il laissait entendre que les persécutions contre les juifs en Europe s'expliquaient par leur comportement et non par leur religion.

Mahmoud Abbas, au siège des Nations unies, à New York (Etats-Unis). 
Mahmoud Abbas, au siège des Nations unies, à New York (Etats-Unis).  (ANGELA WEISS / AFP)

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a présenté, vendredi 4 mai, des excuses après des propos très largement dénoncés comme antisémites sur les causes des massacres perpétrés contre les juifs dans le passé.

"Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses", a déclaré Mahmoud Abbas dans un communiqué où il réaffirme condamner la Shoah et "l'antisémitisme sous toutes ses formes".

Le président de l'Autorité palestinienne s'est attiré un rare consensus de condamnations de la part des Israéliens, des Américains, des Européens et de l'ONU après des propos prononcés lundi soir devant le Conseil national palestinien. Il suggérait que les massacres perpétrés contre les juifs d'Europe durant l'histoire étaient moins dus à l'antisémitisme qu'à leur rôle dans la société, notamment dans le secteur bancaire.

"Respect total pour la religion juive"

Dans son discours, le président palestinien a déclaré que les juifs vivant en Europe avaient subi des massacres "tous les dix à quinze ans dans certains pays à partir du XIe siècle jusqu'à l'Holocauste". Citant divers livres écrits sur le sujet, il a ajouté : "Ils disent que la haine des juifs n'était pas liée à leur religion mais à leur activité sociale. Donc le problème auquel les juifs ont été confrontés en Europe n'était pas dû à leur religion, c'était à cause de l'usure et des banques."

"Je voudrais assurer à tous que telle n'était pas mon intention [de les offenser] et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes", a tenu à préciser Mahmoud Abbas vendredi.