L'hymne israélien résonne pour la première fois à Abou Dhabi lors d'un tournoi de judo

Le judoka israélien Sagi Muki est monté sur la plus haute marche du podium dans ce pays qui ne reconnaît pas l'Etat hébreu.

Le judoka israélien Sagi Muki, lors des championnats d\'Europe, à Tel-Aviv, le 27 avril 2018.
Le judoka israélien Sagi Muki, lors des championnats d'Europe, à Tel-Aviv, le 27 avril 2018. (JACK GUEZ / AFP)

C'est une première. L'hymne d'Israël a résonné pour la première fois aux Emirats arabes unis, dimanche 28 octobre, dans un pays qui ne reconnaît pourtant pas l'Etat hébreu. C'est à l'occasion d'un tournoi de judo à Abou Dhabi, lors duquel un ressortissant israélien a gagné la médaille d'or, que cet hymne a été joué, en présence de la ministre israélienne des Sports.

"Je suis fier que l'hymne national ait été joué pour la première fois à Abou Dhabi", a affirmé le champion, Sagi Muki, à la télévision israélienne. "C'est un grand moment de ma carrière", a poursuivi celui  qui est déjà champion d'Europe dans la catégorie des moins de 81 kilos.

Miri Regev, ministre israélienne de la Culture et des Sports, qui se tenait à côté du podium, n'a pas pu retenir ses larmes. Elle est la première ministre israélienne à se rendre à un événement sportif dans le Golfe, selon des responsables israéliens.

Une première participation sous les couleurs israéliennes

En juillet, la Fédération internationale de judo (FIJ) avait averti les organisateurs du Grand Chelem d'Abou Dhabi qu'ils annuleraient la compétition si elle ne permettait pas à tous les athlètes, notamment israéliens, d'y concourir avec leur drapeau et leur hymne.

Pour la première fois, l'équipe de judo israélienne a pu participer à ce tournoi sous son drapeau national. En 2017, les judokas israéliens avaient participé au Grand Chelem d'Abou Dhabi, portant des kimonos neutres, sans les initiales ISR, les trois lettres désignant Israël dans les compétitions sportives. Elles avaient été remplacées par le sigle de la FIJ. Quand l'Israélien Tal Flicker avait remporté une médaille d'or, l'hymne de la FIJ avait retenti, et non pas celui d'Israël. C'était également le drapeau de la fédération, et non pas celui frappé de l'étoile de David, qui avait été hissé.

Abou Dhabi ne reconnaissant pas l'Etat hébreu, Israël et les Emirats arabes unis n'ont aucune relation diplomatique. La participation d'athlètes israéliens à des compétitions internationales donne régulièrement lieu à des réactions hostiles et des décisions de boycott de la part d'organisations ou de sportifs arabes ou musulmans.