"J'ai vécu un holocauste" : Mia Schem, une ex-otage franco-israélienne du Hamas, s'exprime pour la première fois depuis sa libération

La jeune Franco-Israélienne de 21 ans avait été enlevée par le Hamas le 7 octobre, alors qu'elle participait au festival de musique techno où 270 personnes ont été tuées.
Article rédigé par Hajera Mohammad, Xavier Allain
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Mia Schem, une ex-otage franco-israélienne du Hamas, s'exprime pour la première fois depuis sa libération à la télévision israélienne. (Capture d'écran Channel 13)

Son visage était devenu l'un des symboles des otages capturés le 7 octobre par le Hamas. Plus d'un mois après sa libération, Mia Schem, une ex-otage franco-israélienne du Hamas, s'exprime pour la première fois depuis sa libération, face caméra, dans une interview diffusée jeudi 28 décembre sur la chaîne privée, Channel 13.

Le visage pâle, les yeux cernés, le regard atone, Mia Schem est assise face à la caméra, le bras droit encore bandé. La jeune femme de 21 ans avait été blessée lors de son enlèvement sur les lieux du festival de musique Tribe of Nova auquel elle participait avec son ami Elya Toledano, également Franco-Israélien, retrouvé mort mi-décembre à Gaza. 270 personnes ont trouvé la mort ce jour-là à Réim.

Elle raconte avoir passé sa détention qui a duré 54 jours chez un membre du Hamas et sa famille, "enfermée dans une pièce sombre, il est interdit de parler, vous ne devez pas être vue, pas être entendue. Vous êtes cachée", témoigne-t-elle.

Avant de poursuivre : "Il y a un terroriste qui vous regarde 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il vous viole avec les yeux. Et, bien sûr, il y a la peur d'être violée. J'étais dans sa maison, sa femme était à l'extérieur de la pièce avec les enfants. C'est la seule raison pour laquelle il ne m'a pas violée", explique la jeune femme libérée le 30 novembre dernier.

"Ce sont tous des terroristes"

Si la jeune femme de 21 ans, prend la parole aujourd’hui, c’est pour dire sa vérité, avec des mots très forts, qui font déjà la une de la presse internationale : "C'était important pour moi de dire la vérité à propos des gens qui vivent à Gaza, qui ils sont vraiment et ce que j'ai traversé. J'ai vécu un holocauste, ce sont tous des terroristes".

Dans les extraits diffusés, Mia Schem fait aussi part de son sentiment de culpabilité depuis sa libération avec cette question qui la hante : pourquoi elle et pas les autres ? 129 otages sont toujours portés disparus, dont trois Français.

Vendredi 29 décembre, l'armée israélienne poursuit son offensive et bombarde le sud de la bande de Gaza. Une délégation du Hamas est attendue au Caire pour discuter d'un plan égyptien en trois étapes qui prévoit des trêves renouvelables, des libérations échelonnées d'otages et de prisonniers palestiniens et, à terme, un cessez-le-feu mettant fin aux hostilités.

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